Commentaire culturel
Sur le flanc droit de l’église de la Trinité-des-Monts s’élève le couvent, fondé par Francesco di Paola en 1494, avec le soutien financier de la couronne de France. Le « couvent royal de la Trinité des Monts » a connu, entre le XVIe et le XVIIe siècle, une période de splendeur dont témoignent les merveilles artistiques qui y sont conservées. Les fresques du cloître sont tout simplement magnifiques, avec un cycle didactique consacré à la vie du saint fondateur et une galerie de portraits des rois de France. Les intérieurs révèlent des artifices illusionnistes, des chefs-d’œuvre artistiques et des merveilles scientifiques : la Galleria Prospettica de l’ancien réfectoire, décorée de fresques en 1694 par le jésuite Andrea Pozzo, peintre fameux de la voûte de Saint-Ignace, avec les scéniques Noces de Cana mises en scène dans une architecture en trompe-l’œil qui donne une incroyable illusion de troisième dimension où objets et personnages semblent s’affranchir de leurs cadres ; les anamorphoses cryptiques sur les couloirs de la clôture, d’Emmanuel Maignan et de François Nicéron, Minimes, frères savants et scientifiques reconnus (anamorphose de François de Paule et anamorphose de saint Jean). En fonction de la position du spectateur par rapport à l’œuvre, l’image révèle une scène différente (saint François de Paul en prière vs le détroit de Messine) ; l’horloge solaire réalisée par Maignan dessinée sur les murs et la voûte de la galerie. Un trou dans la fenêtre laisse la lumière éclairer un petit miroir qui la renvoie sur les murs sur lesquels les principales villes du monde sont inscrites. L’astrolabe donne l’heure de ces villes avec une précision encore difficile à comprendre aujourd’hui ; la fresque de la Mater Admirabilis, œuvre de la jeune novice Pauline Perdreau ; la Salle des Ruines du XVIIIe siècle tardif, autrefois la cellule du père Le Sueur, décorée par le français Charles-Louis Clérisseau avec des fresques représentant des ruines romaines antiques.
Commentaire spirituel
En 1828, la Trinité-des-Monts est confiée à la communauté des dames du sacré-Cœur, une congrégation enseignante fondée par Marie-Madeleine Barat. En 1844, Marie Perdreau, une jeune novice, peint dans un couloir une fresque de Marie qui se transforme rapidement en chapelle devant les nombreuses grâces obtenues. La chapelle prend le nom de chapelle de la Mater Admirabilis qui devient la Patronne de tous les établissements du sacré-Cœur du monde.