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Liban Entre richesses et fragilités

Un voyage sur mesure au Liban pour découvrir une société multiculturelle.

Perle de l’Orient, terre d’une des plus anciennes civilisations du monde, le Liban est un carrefour d’influences entre Orient et Occident méditerranéen. Malgré son histoire tragique, la « Suisse du Moyen Orient » s’est relevée de ses blessures, comme elle l’a maintes fois fait dans son histoire. Cette société hors du commun, multiconfessionnelle  et cosmopolite, bouillonne de vie, de culture, d’inventivité. De nombreux artistes sont nés de cette société ardente : Khalil Gibran, Fayrouz ou Khalil Saleeby et aujourd’hui encore de nombreux festivals  internationaux ont lieu dans tout le pays au sein de sites archéologiques ou historiques.

La douceur de vivre y est revenue dès la guerre terminée, malgré un équilibre extrêmement fragile. Ce tout petit pays bénéficie d’une diversité  étonnante, riche, foisonnante. De la mer à la montagne, il n’y a qu’un pas ; peu de temps suffit pour traverser les siècles et passer de l’antique Sidon à Byblos, ou de Baalbeck à la forêt des Cèdres. A l’image de ce dernier, le caractère généreux de ses habitants allie force, fidélité, énergie et passion.

© TERRALTO

Conseils Terralto pour bien préparer votre voyage de groupe sur mesure au Liban

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

CLIMAT

Le climat est varié, de type méditerranéen mais plus rude dans les montagnes, doux à chaud et humide sur la côte, semi-aride en montagne, désertique dans l’Anti-Liban et continental dans la plaine de la Békaa. Le Khamsin, vent brûlant et sablonneux du désert, venu de Syrie, souffle en mars, mais son passage est de courte durée. Des névés persistent toute l’année et la neige peut atteindre plusieurs mètres d’épaisseur sur les montagnes libanaises. Passé la première chaîne de montagne, le climat devient sensiblement plus sec et acquiert un caractère steppique voire désertique dans le nord-est du pays. Les saisons intermédiaires sont douces. Cependant, des écarts de températures importants peuvent apparaître, selon la région et l’altitude. Les hivers sont humides. L’été est chaud et humide sur la côte mais sec en montagne. On peut alors trouver la fraîcheur dans les collines ou dans les contreforts des monts, plantés de cyprès et de cèdres. Il y a peu de précipitations de mai à octobre. La saison des pluies, hivernale, de novembre à mars, atteint son maximum en janvier, avec 191 mm, sous la forme de violents orages. La moyenne mensuelle des précipitations sur l’ensemble de l’année est de 75 mm environ.

Quand s’y rendre ? Comment se vêtir ?

Les mois d’avril et de mai au printemps, puis de septembre et d’octobre en automne sont les meilleurs pour visiter le Liban. La période de novembre à mars est la plus froide et surtout la plus humide. Seule la région côtière garde un climat doux durant toute l’année. Si vous partez au printemps ou en automne prenez des vêtements légers mais n’oubliez pas un coupe-vent et un chandail pour les soirées fraîches en montagne.

DEVISE

La monnaie officielle du Liban est la LIVRE libanaise. Après avoir été jusque dans les années 80 référée au Franc français, elle est désormais ancrée sur le Dollar. Sur les billets ainsi que sur les pièces, le montant est indiqué à la fois en arabe et en français.

La Livre et l’Euro : 1 € = environ 1 686,7 LBP – 1 LBP = environ 0,00059 € selon le cours du change

Comment payer ?

Le mieux est d’utiliser la monnaie du pays, mais le Dollar américain est monnaie    courante. Vous pouvez payer en Dollar ou en Livre et avoir en retour des Dollars ou des Livres. Les prix s’entendent Toutes Taxes Comprises (TTC). Donc pas de surprises en passant à la caisse. Les Euros sont aussi utilisables, mais moins fréquemment que le Dollar. Vous pouvez utiliser une Carte de crédit (VISA ou MASTER), notamment pour      retirer de l’argent (Livres libanaises) dans des distributeurs, un peu partout dans les grandes villes, en général auprès des banques. Cette méthode de paiement n’est pas encore très généralisée pour régler vos achats en direct, surtout auprès des petits revendeurs. Vous pourrez par contre l’utiliser librement dans tous les grands centres commerciaux. On peut changer de l’argent partout: banques, grands hôtels, boutiques de changeurs…

Faut-il et peut-on marchander ?

Rien n’y oblige (ne pas croire trop naïvement que cela fait partie de la culture oriental).Tout dépend du lieu (c’est plus habituel dans les campagnes), de l’interlocuteur et de la  marchandise ! En culture chrétienne, ne pas trop s’y essayer. En culture musulmane, on peut le risquer mais sans excès. Et tout dépend du prix de la marchandise : ne négociez pas la bouteille d’eau !

TÉLÉPHONE 

De France vers le Liban : composer le 00 961 suivi de l’indicatif local sans le 0. Du Liban vers la France : composer le 00 33 suivi de l’indicatif local sans le 0. Les appels locaux et internationaux peuvent être effectués depuis les hôtels ou avec votre téléphone mobile français.

ATTENTION au coût des communications depuis votre téléphone mobile français. Il est plus sage d’acheter sur place une carte SIM locale et de l’intégrer à votre mobile (à condition qu’il soit débloqué). Vous devrez ensuite acheter une carte prépayée pour effectuer vos appels.

EAU

Au Liban, contrairement à d’autres pays du Proche-Orient, l’eau ne manque pas. Mais cela ne dispense pas de l’économiser car le système d’adduction d’eau a été gravement endommagé par la guerre et ne dessert pas également toute la population. En fonction des régions et de la saison, l’eau peut être ou non potable, mais pour parer à toute éventualité, mieux vaut acheter de l’eau en bouteilles capsulées. Vous en trouverez partout.

POURBOIRES

Les pourboires dans les hôtels et les restaurants sont généralement compris dans le prix de la note. Il est cependant d’usage de laisser un pourboire pour tout service (10 % de la note par exemple dans les cafés et restaurants).

DÉCALAGE HORAIRE France/Liban :  + 1 h en été –  + 2 h en hiver

COURANT ÉLECTRIQUE :  220 volts. Il peut être utile de se munir d’un adaptateur.

WIFI : Disponible dans la majorité des hôtels et dans certains restaurants

LA LANGUE

La langue officielle du Liban est l’ARABE moderne ou littéral, langue officielle des états arabes du Proche-Orient (avec des variantes d’accent et d’expressions selon les pays). Il est parlé par toute la population avec différents accents et expressions selon les régions, les villes, les quartiers. Il est important de faire la nuance entre l’arabe littéraire et l’arabe dialectal. L’arabe littéraire est directement issu du Coran, « la langue de Dieu ». Beaucoup d’actes officiels écrits et certains médias papier sont rédigés en arabe littéraire. Il s’apprend à l’école et le Coran doit être lu et travaillé uniquement dans cette langue. Une part de la population le lit et le comprend. Il est commun à tous les pays arabes. Mais son apprentissage est très difficile et peu le parlent et le comprennent correctement. C’est la langue des élites. On peut considérer le littéral (ou dialectal) comme un patois. C’est un langage parlé qui puise une bonne partie de son vocabulaire dans l’arabe littéraire mais aussi dans l’anglais, le français, le turc. Il diffère selon les pays. Le dialectal libanais est assez proche de l’arabe littéraire alors que les dialectes marocain ou soudanais s’en éloignent car mélangés à d’autres langues (le kabyle, le berbère…). Donc, pour se faire comprendre par un marocain, un libanais pourra faire appel à ses connaissances littéraires… Le seul dialecte compris par une majorité d’arabes est le dialectal égyptien qui s’est répandu grâce à la production cinématographique !

Le Français, seconde langue nationale

L’article 11 de la Constitution libanaise dispose que si l’arabe est la langue officielle du Liban, « Une loi spéciale déterminera les cas où il sera fait usage du français».

Jusqu’à la guerre civile, il était fréquent dans les communautés chrétiennes de refuser de parler arabe. L’explication la plus probable tient au fait que les chrétiens fréquentaient généralement des écoles et institutions françaises. Les communautés chrétiennes étaient donc majoritairement francophones. Les dernières décennies ont vu par ailleurs un développement significatif de l’anglais. Mais le français reste dominant dans les classes aisées. Première langue « étrangère » en usage au Liban, le Français est à la fois langue de culture et de communication. 45 % de la population libanaise est entièrement ou partiellement francophone mais 55 % des Libanais ignorent totalement cette langue. Le Liban compte 30 % d’anglophones. Le Français a une longueur d’avance sur l’Anglais car il est davantage pratiqué dans les classes aisées économiquement et, quand il touche toutes les classes de la population, il est généralement beaucoup plus présent chez les jeunes encore scolarisés et a tendance à décroître au fur et à mesure que l’on avance en âge. La connaissance et le niveau du Français au Liban ne sont pas homogènes entre les différentes institutions scolaires. L’avenir de la langue française dépend du renforcement de beaucoup de facteurs, plus particulièrement dans les domaines de l’audiovisuel, d’où il tend à disparaître en accord avec la politique des dirigeants en place depuis la fin de la guerre 1975-1

SANTÉ ET PRÉCAUTIONS D’USAGE

Le Liban jouit d’un climat très sain, tant en bordure de mer (même si l’humidité y est forte, hiver comme été) que dans les montagnes. Cela facilite la vie du voyageur et de la population locale ! Pas  de précaution particulière à prendre donc si ce n’est la vigilance qui s’attache à tout voyage : changement de nourriture, chaleur en été, fatigue… Par forte chaleur, et comme partout, ne pas exagérer la consommation de crudités et de boissons glacées, se protéger du soleil. Privilégier l’eau minérale capsulée dans l’ensemble du pays car l’eau courante n’est pas partout fiable (les destructions successives rendent précaires le système d’adduction d’eau).

Le Liban possède parmi les meilleurs hôpitaux et médecins de la région, même s’il existe de grandes disparités entre villes et campagnes et entre établissements du public et du privé. Le pays doit prendre encore le temps d’atteindre les standards internationaux afin de garantir pour tous l’accès aux soins.

Comme dans bien d’autres secteurs de la vie quotidienne, le système de santé a beaucoup souffert de la Guerre civile. Avant la Guerre, le Liban était considéré comme le pays du Proche-Orient le plus avancé en matière de qualité des soins et d’égalité devant la santé.

Paradoxe : la chirurgie esthétique est devenue ces dernières années un secteur de pointe ! Les riches libanais (ses) du pays et de la diaspora y investissent des sommes considérables. La réputation des chirurgiens esthétiques libanais attire des « patients » de plus en plus nombreux venant des États-Unis et des pays européens…

GÉOGRAPHIE

Le Liban dont le nom arabe est Loubnan, « blanc », par référence à la neige qui couvre ses sommets une bonne partie de l’année, partage ses frontières avec deux pays, la Syrie au nord et à l’est sur 376 km et Israël au sud sur 79 km. Il est bordé par la mer Méditerranée, à l’ouest, avec 220 km de côtes. Beyrouth est sa capitale. Le Liban est une étroite bande de terre longue de 250 km et large de 25 à 60 km. Sa superficie est de 10 452 km², soit l’équivalent du plus grand département français métropolitain, la Gironde. C’est le plus petit pays du Proche-Orient en superficie. Le relief est très varié : sur les 65 km de largeur du pays, le relief va de 3 089 m d’altitude jusqu’au niveau de la mer. La montagne occupe la plus grande partie du territoire.

On distingue, d’ouest en est, 4 zones successives, orientées parallèlement au rivage :

L’étroite plaine côtière alluviale favorable, depuis les Phéniciens, à l’installation de ports.

Le massif du mont Liban, épine dorsale du pays, s’incline lentement vers le sud jusqu’aux monts de Galilée et culmine à 3 089 mètres au nord. Des rivières creusent des gorges profondes dans la montagne. Le versant occidental est couvert de forêts de pins et de cèdres.

La haute plaine intérieure de la Bekaa- 900 mètres d’altitude – bien irriguée en son centre et en son sud, était le grenier de la région pendant l’Antiquité. Le fleuve Oronte  se dirige vers le nord et le Litani y coule en direction du sud.

Le massif de l’Anti-Liban, plateau désertique dont le point culminant est à 2 300 mètres, est prolongé au sud par le mont Hermon qui constitue une frontière naturelle et internationale avec la Syrie et Israël.

REPÈRES HISTORIQUES

Les premières traces de peuplement du Liban remontent à plus de 7000 ans av. J.C. Les archéologues ont découvert à Byblos, considéré comme « le plus vieux village du monde continuellement habité », des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d’argile, qui semblent dater des époques néolithique et chalcolithique durant lesquelles vivaient sur les bordures de la Méditerranée plusieurs communautés de pêcheurs. Le Liban fut la mère patrie des Phéniciens, ce peuple marin aventureux présent sur tout le pourtour de la Méditerranée dont ils dominaient le commerce avec leurs ports dont le plus illustre est Carthage.

Jusqu’au 20ème siècle, trois pays (Liban, Syrie et Jordanie) ont une histoire commune.

50000-15000    Paléolithique

15000-10000    Mésolithique

10000-4500     Néolithique (apparition de la vie sédentaire)

4500-3100      Chalcolithique (utilisation du cuivre)

3100-1900      Ancien bronze (occupation par les Amorites, tribu sémite guerrière, et les Cananéens).

1900-1550      Moyen bronze (expansion de l’Empire égyptien, nombreuses invasions)

1550-1200     Récent bronze (échanges commerciaux avec l’Égypte, Chypre et le Monde Hellénistique). Vers 1330: invasion Hittite, progrès de l’écriture ( le plus ancien alphabet connu fut découvert à Ugarit)

1200(900)-539   Âges du Fer I et II : invasion des Philistins, puis des Assyriens, des Babyloniens et des Nabatéens.

539-333    Époque Perse achéménide, guerres Médiques entre les Perses et les Grecs.

333-63    Époque Hellénistique (en 333, Alexandre le Grand envahit la Syrie et la Palestine. À sa mort en 323, ses généraux se disputent son Empire).

63 av. JC-324 Époque Romaine    jusqu’à la mort de Théodose 1er le Grand (64 : conquête de la Syrie et de la Palestine par Pompée, création de la Décapole, fédération rattachée à la province romaine de Syrie).

324-638 Époque Byzantine   troublée par des invasions perses (premiers troubles entre les chrétiens et les musulmans au sud de Kerak). (629) Mahomet s’empare de la Mecque.

638-1516 Époque Musulmane et croisée    (661-750) Dynastie des Omeyyades (grandes réalisations : mosquées, palais du désert)

750-1099)   Pouvoir des Abbassides qui transfèrent la capitale à Bagdad,        décadence de la Syrie et de la Jordanie.

(1099-1187)   Royaume latin de Jérusalem. Les Croisés bâtissent des forteresses dans tout le Proche-Orient. Le Liban actuel est sous la juridiction du Comté de Tripoli, vassal du Royaume latin de Jérusalem.

(1250-1292)  Les Mamelouks s’emparent des possessions franques.

(1401)  Invasion Mongole, mise à sac de Alep et de Damas.

(1453)  Prise de Constantinople par les Turcs.

1516-1918 Domination Ottomane

(1520-1566)  Règne de Soliman le Magnifique qui étend la domination des Turcs sur toute l’Arabie.

(1832-1841)  Reprise de contrôle par l’Égypte qui se retire après l’intervention des européens.

(1860-1914)  Une province autonome du Mont-Liban est créée sous la pression des Puissances européennes à la suite de l’expédition française en Syrie de 1860-1861. Elle doit être dirigée par un gouverneur chrétien de nationalité ottomane. C’est l’origine de la francophonie libanaise.

(1917-1918)  Campagne du Général Allenby, fin de la domination ottomane sur le Proche-Orient.

1918  Le Liban est libéré de l’Empire ottoman. Il forme avec la plaine de la Beqaa, le Mont Amel (le sud du Liban) et la ville de Beyrouth. le « Grand Liban ».

1920-1943  Avec la chute de l’Empire Ottoman, à la fin de la première guerre mondiale, la Société des Nations attribue ce territoire en protectorat, au titre de « mandat A », de la SDN à la France. Le premier Haut Commissaire du Gouvernement Français chargé de l’exécution de ce mandat est le Général Gouraud qui proclame la création de l’état du « Grand Liban » le 1er septembre 1920.

1922  Le pays est doté d’un Conseil représentatif, puis d’une constitution (1925), sans pour autant avoir une vraie autonomie.

1941  De durs combats y opposent forces anglo-gaullistes et troupes fidèles au régime de Vichy en juin et juillet.

1943  L’indépendance est proclamée. Les troupes françaises évacuent le pays en 1946. Le Pacte national institue un système politique confessionnel répartissant les pouvoirs entre Maronites, Sunnites, Chiites, grecs orthodoxes, Druzes et Grecs catholiques (Melkites).

Des marines américains débarquent à Beyrouth à la demande du Président Camille Chamoun pour mettre fin à l’insurrection qui oppose les partisans et les opposants à l’adhésion du Liban à la République Arabe Unie (instaurée par Nasser entre l’Égypte et la Syrie)

1961  Tentative de coup d’état du parti social nationaliste syrien.

1968   En décembre, des commandos israéliens détruisent 13 avions sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth.

1969  Montée des tensions avec la guérilla palestinienne.

Événements de Septembre noir  en Jordanie. Les milices palestiniennes expulsées de Jordanie se replient au Liban avec le feu vert de la Syrie, le Liban devenant le seul pays où l’OLP opère librement.

La guerre civile (1975-1989)

La montée des périls (1966-1975)

À partir de la fin des années 1960, la vie politique libanaise est entachée d’affaires de corruption généralisée des fonctionnaires, contraints de démissionner par dizaines, et par les désaccords sur les thèmes de politique extérieure et de traitement de la résistance palestinienne. La classe dirigeante subit des conflits internes, l’enjeu de cette agitation étant le partage des positions de pouvoir. Les mouvements se radicalisent, et la tension grimpe. Les libanistes conservateurs chrétiens craignent pour la cohésion nationale alors que les arabo-palestino-progressistes musulmans sont solidaires de la résistance. Les milices commencent à s’armer massivement, le clan pro-arabe étant soutenu par les Palestiniens, alors que les libanistes se tournent vers l’occident. Des vagues d’affrontements commencent, elles opposent la Phalange aux Palestiniens et au mouvement national.

1975-1976

Le matin du 13 avril 1975, lors de l’inauguration d’une église dans la banlieue ouest de Beyrouth, des tirs provenant d’une voiture envoyée par le Parti Social Nationaliste Syrien (PSNS) tuent le garde du corps de Pierre Gemayel, chef des phalanges chrétiennes, pour venger la mort et la torture infligées dans les prisons par ce dernier aux prisonniers du PSNS. L’après-midi, les mitrailleurs des phalanges libanaises (Kataëb) attaquent à leur tour un bus et tuent 27 travailleurs palestiniens. La spirale vers le chaos s’amplifie vite jusqu’au «samedi noir» (décembre 1975) lorsque quatre chrétiens sont tués à coups de hache. Des phalangistes rendus enragés par la mort de leurs compagnons tuent près de 600 musulmans.

Embuscades, guérilla urbaine, tirs de francs-tireurs sont bientôt suivis par l’entrée en lice de canons et de lance-roquettes. Les camps de réfugiés qui encerclent la ville sont la cible privilégiée des Kataëbs. Les Palestiniens répliquent en attaquant la ville de Damour (janvier 1976), et en massacrant la plupart de ses habitants chrétiens.

Toute cette époque est marquée par des pillages et des destructions qui touchent même les grandes banques de la capitale. Beyrouth est vite divisée le long de la fameuse « ligne verte ». Cet état des choses se prolonge pendant les 17 années suivantes.

1976 : L’intervention syrienne

En 1976, la Syrie impose un cessez-le-feu car elle n’avait jamais accepté que le Liban soit un pays. Elle propose un rééquilibrage du partage des pouvoirs entre communautés. Le président Hafez el-Assad ordonne l’entrée de troupes et de blindés au Liban (ordonné par les Américains) dans le but de « préserver le statu quo et mettre en échec les ambitions des palestino-progressistes ». Grâce à l’intervention militaire et diplomatique des puissances régionales arabes, le président libanais et le chef de l’OLP sont convoqués à Riyad cette même année. Ils sont invités par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).

1977-1981 : ni guerre ni paix…

La présence militaire syrienne souffle sur les braises et enferme les libanais dans leurs luttes internes. La Syrie écarte Raymond Eddé de la Présidence car il avait fait du départ des troupes étrangères l’essentiel de son programme. Les efforts pour rétablir l’entente nationale ne progressent pas et de violents affrontements opposent l’armée syrienne aux milices chrétiennes en 1978. Dans le Sud, Israël décide d’une offensive :l’opération Litani. Elle vise à repousser les milices palestiniennes au nord du pays. Après plusieurs semaines en territoire libanais, les troupes israéliennes se retirent partiellement, laissant la région à l’Armée du Liban Sud.

1982 : « Paix en Galilée »

Le 3 juin 1982, un commando de l’organisation activiste palestinienne Abou Nidal tente d’assassiner l’ambassadeur israélien à Londres, le blessant grièvement. Le lendemain, l’armée israélienne bombarde au Liban des camps de l’OLP en représailles. En fait, l’organisation de Yasser Arafat n’était pas impliquée dans l’attentat. Très vite, la situation se dégrade. L’OLP réplique par des tirs de roquettes sur le Nord d’Israël, entraînant de nouveaux bombardements de ses positions par Tsahal. Le 6 juin, l’armée israélienne déclenche l’opération « Paix en Galilée » pour faire cesser les tirs de l’OLP et entre au Liban en avançant jusqu’à Beyrouth. La droite israélienne était décidée à en finir avec l’OLP. A ses yeux, la présence de l’OLP au Liban ravivait le nationalisme palestinien dans les Territoires occupés. Le ministre de la Défense israélien Ariel Sharon dirige les troupes qui atteignent Beyrouth où elles opèrent leur jonction avec les Forces libanaises de Bachir Gemayel. Les troupes syriennes s’effondrent avec des pertes énormes.

Environ une semaine après le début de l’invasion, les Israéliens commencent le siège de Beyrouth Ouest où habitent 200.000 civils au milieu desquels l’OLP trouvait refuge. Le 21 août, Yasser Arafat et les troupes de l’OLP quittent Beyrouth sur des navires de la Marine nationale française vers Tunis. Le leader des phalangistes Bachir Gemayel, considéré comme l’homme fort du Liban, est élu président.

« La guerre de la montagne » : 1982-1984

A partir de 1982, des affrontements ont lieu également dans les montagnes du Chouf, au sud du pays. Habitée par des Druzes, des Sunnites et des Chrétiens, la région avait été jusqu’alors épargnée par la guerre. Les miliciens phalangistes harcèlent les civils druzes. Bien vite, des représailles puis des violences religieuses éclatent. Le gouvernement menace d’envoyer l’armée, mais les druzes refusent, craignant que les troupes ne s’allient avec les phalangistes.

Le leader druze Walid Joumblatt bombarde alors l’aéroport de Beyrouth et attaque les positions de l’armée libanaise dans la ville. Quand les Israéliens se retirent de la montagne, l’armée rejoint les phalangistes contre les druzes et la milice chiite Amal. Les Druzes gagnent la partie avec le soutien de l’URSS. Des milliers de civils maronites sont contraints à l’exil jusqu’à ce que les Américains bombardent les positions druzes et négocient un nouveau cessez-le-feu.

A partir de 1982 : La montée en puissance du Hezbollah chiite

Les forces internationales demandées par Amine Gemayel arrivent à Beyrouth. Mais les Américains étant considérés comme des alliés d’Israël, l’opposition se renforce. En avril 1983, un attentat-suicide contre l’ambassade américaine tua 63 personnes. Deux autres attentats-suicides: la mort de 256 marines et de 58 militaires français. Cette première campagne d’attentats-suicides est revendiquée par le Hezbollah, alors une petite organisation chiite. La force multinationale bat en retraite en février 1984.

Les chiites, ignorés par l’Etat libanais, avaient toujours été les parents pauvres du Liban. Concentrés au sud et dans la Bekaa, ils avaient subi les attaques des Israéliens contre les Palestiniens. Beaucoup s’étaient alors réfugiés dans la banlieue de Beyrouth. Les gardes de la révolution iranienne commencèrent à prêcher et à entraîner les plus démunis. Le terrain était fertile pour un message rejetant l’impérialisme occidental. Le Hezbollah commença à utiliser une des tactiques les plus redoutables des milices libanaises : l’enlèvement.

En septembre 1988, le mandat d’Amine Gemayel touche à sa fin. Le vote des députés pour élire un nouveau Président est empêché par les milices. Gemayel demande alors à son chef d’état major, Michel Aoun, de diriger un gouvernement militaire d’intérim. La position anti-syrienne d’Aoun était mal vue à Damas et les Syriens se sont opposés à sa nomination, tout comme les Américains. Gemayel nomma aussi trois officiers chrétiens et trois autres musulmans pour servir sous les ordres de Aoun, mais les Musulmans ont refusé de rejoindre leurs postes, formant leur propre gouvernement dans Beyrouth-ouest. Aoun, décidé à chasser les Syriens du Liban, lance une « guerre d’indépendance nationale » contre la Syrie. La France commence alors à fournir de l’aide humanitaire aux deux partis.

1989 : L’accord de Taïf

Une tentative de restaurer la paix eut finalement lieu a l’automne 1989. Les efforts politiques d’un comité ont abouti à un cessez-le-feu exhaustif et à une rencontre parlementaire pour discuter d’une « réconciliation nationale ». L’Assemblée nationale libanaise se réunit en Arabie saoudite. Quelques amendements pour rétablir l’équilibre du partage du pouvoir furent ratifiés le 5 novembre 1989. René Moawad fut élu Président de la République. Il fut assassiné 17 jours plus tard. Pour éviter de nouveaux affrontements, le Parlement élit immédiatement Elias Hraoui à sa place. Devant l’opposition d’Aoun, les affrontements éclatèrent encore, cette fois entre Aoun et les milices chrétiennes qui désapprouvaient sa position. En reconnaissance de son soutien durant la guerre du Golfe, les États-Unis autorisèrent la Syrie à intervenir auprès de l’armée libanaise pour se débarrasser du général Aoun. Après le succès de ces opérations, à l’exception du sud toujours occupé, s’ouvrit la première période de paix durable au Liban depuis 15 ans.

Depuis 1989 : un autre Liban ?

Si, de 1989 à 2005, le Liban reste sous l’occupation et la surveillance étroite de la    Syrie, en 1992 eurent lieu les premières élections législatives depuis 1972, dans une atmosphère de manipulation, de frustration et d’abstention. Rafiq Hariri fut élu premier ministre et commença à étudier la reconstruction du pays. Il tenta également de restaurer l’équilibre rompu par le boycott des élections par les Chrétiens en les appelant dans le gouvernement. De 1975 à 1990, le Liban a connu une détérioration considérable du tissu industriel et des infrastructures. L’État libanais se trouve confronté à une tâche extrêmement ardue.

2005 : « La révolution du Cèdre »

2004 : La motion 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU exige, entre autres, de la Syrie de retirer ses forces du Liban. La même motion demande aussi que soit mis fin aux activités militaires de la milice chiite Hezbollah et elle réclame le déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble de la frontière internationale avec Israël.

2005 : L’ancien premier ministre Rafiq Hariri est tué dans un attentat, le 14 février.

Une partie des Libanais et la plupart des diplomaties étrangères dénoncent l’implication de la Syrie dans cet attentat, mais ni la France ni les États-Unis ne mettent explicitement en cause la Syrie. Aucune preuve crédible n’a encore été apportée à l’implication syrienne dans l’attentat contre Hariri. Néanmoins, à la vue de la puissance des services secrets syriens sur place et au regard de l’ampleur de l’attentat et des moyens nécessaire à sa mise en œuvre, il semble peu probable que la Syrie n’ait été au moins au courant de la préparation d’un tel acte.

Cet assassinat fut l’évènement qui déclencha «la Révolution du Cèdre». Les Libanais descendent dans la rue pour manifester contre la présence syrienne.

2006 : Après une phase de reconstruction et de renouveau économique, le Liban est à nouveau fortement secoué par une intervention de l’armée israélienne, suite à des tirs attribués au Hezbollah sur le nord de l’État juif et à l’enlèvement de deux soldats israéliens. Le conflit fait 1200 morts (dont 30% sont des enfants de moins de 12 ans), 4000 blessés, 970.000 déplacés, 200.000 réfugiés. 95 ponts et 100 routes sont détruits, 30.000 maisons sont démolies et une pollution énorme de la mer méditerranée est causée par le bombardement des raffineries.

21 Novembre : assassinat de Pierre Amine GEMAYEL, fils de l’ancien Président de la République. Cet événement provoque une très grande émotion au Liban. P. Gemayel représentait en effet un renouveau politique pour le pays, l’arrivée d’une nouvelle génération.