Le palais national d’Ajuda se situe sur les hauteurs du quartier d’Ajuda, à l’ouest de Lisbonne. Édifié à partir de 1796 sur les plans des architectes Manuel Caetano de Sousa, puis Francisco Xavier Fabri et José da Costa e Silva, il fut conçu pour remplacer le palais de Ribeira, détruit lors du tremblement de terre de 1755. Ce nouveau bâtiment, d’inspiration néoclassique, devait incarner la stabilité retrouvée de la monarchie portugaise et la modernité de la capitale.
Sa construction connut de nombreuses interruptions dues aux invasions napoléoniennes et aux changements politiques du XIXᵉ siècle, si bien que le projet initial ne fut jamais totalement achevé. Malgré cela, il devint la résidence officielle de la famille royale à partir de 1826, notamment sous le règne de Dom Luís Iᵉʳ. C’est à la fin du XIXᵉ siècle, avec le mariage du roi Luís Iᵉʳ avec la princesse Maria Pia de Savoie, que le décor intérieur fut enfin achevé, dans un esprit de confort et d’hygiène bourgeois conforme aux valeurs et aux innovations techniques de l’époque. La reine, issue de la maison de Savoie, introduisit à la cour portugaise le goût raffiné du mobilier italien et français, ainsi qu’une conception plus fonctionnelle de la vie domestique.
L’extérieur du palais, en pierre de Lioz, se distingue par son ordonnancement symétrique et sa monumentalité classique. L’intérieur, en revanche, témoigne d’une grande diversité de styles décoratifs : néorococo, néo-Renaissance et néobaroque coexistent dans les salons d’apparat. Les salles du Trône, du Banquet et des Ambassadeurs se distinguent par leurs tapisseries, leurs lustres en cristal de Bohême et leurs meubles de fabrication française et portugaise.
Le musée du Palais national d’Ajuda, créé après la proclamation de la République en 1910, conserve aujourd’hui les collections royales d’arts décoratifs : porcelaines de Sèvres, sculptures, argenteries, textiles et peintures, dont le portrait de Dom Luís Iᵉʳ (vers 1870) du peintre Joseph Layraud. Ces ensembles restituent l’atmosphère d’une cour ouverte aux influences artistiques européennes du XIXᵉ siècle.
Le lieu est encore utilisé pour certaines cérémonies officielles d’État.