Perché sur la colline de la Guardia à Bologne, le sanctuaire de la Bienheureuse Vierge Marie de San Luca constitue un lieu de pèlerinage majeur de l’Émilie-Romagne. Sa fondation remonte au XIIᵉ siècle, en lien avec l’arrivée à Bologne de l’icône de la Vierge à l’Enfant, dite Madonna di San Luca, attribuée à l’atelier de Saint Luc selon la tradition. L’édifice actuel, façonné entre le XVIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle, combine un plan basilical avec une façade baroque et une longue loggia soutenue par des arches successives, qui forme un parcours couvert menant jusqu’au sommet de la colline.
L’intérieur, éclairé par de grandes fenêtres et voûté en berceau, est centré sur l’icône vénérée, placée derrière l’autel principal et accessible aux pèlerins. Selon la légende, le regard de la Vierge semble s’adresser à chacun individuellement, conférant à chaque visite une dimension intime et personnelle. Cette impression renforce la dévotion des pèlerins et explique la longue tradition de processions annuelles qui gravitent vers le sanctuaire. Les murs latéraux présentent des ex-voto et des tableaux évoquant des miracles attribués à l’intercession de la Vierge, soulignant le rôle protecteur et spirituel qu’elle exerce sur la ville et ses habitants.
Le sanctuaire est célèbre pour sa loggia monumentale, longue de près de quatre kilomètres et composée de 666 arches, qui relie la ville au sommet de la colline. Ce portique couvert, construit à partir de 1674, permettait aux pèlerins de gravir la colline à l’abri des intempéries et constitue aujourd’hui un parcours emblématique, matérialisant la relation entre Bologne et le sanctuaire.