Commentaire culturel
Construit sur la volonté de Philippe II à partir 1563 sur un plan reproduisant la forme d’un gril, instrument du martyre de saint Laurent, le monastère de l’Escurial s’élève dans un site de Castille d’une exceptionnelle beauté au pied de la Sierra de Guadarrama. Rompant par sa sobriété avec le style qui prévalait alors, son architecture, conçu par un disciple de Michel-Ange, Juan Bautista de Toledo, et achevé par son assistant, Juan de Herrera, exerça une influence considérable en Espagne pendant près d’un demi-siècle. Retraite d’un roi mystique, l’Escurial fut, pendant les dernières années du règne de Philippe II, le centre du plus grand pouvoir politique d’alors.
Le complexe comprend le monastère dont le quart nord est occupé par le palais des Bourbons aux luxueux décors contrastant avec la sobriété des appartements de Philippe II, le Panthéon des Rois situé sous le cœur de l’église où, excepté trois d’entre-eux, tous les rois d’Espagne sont enterrés depuis Charles Quint, le Panthéon des Infants, les salles capitulaires aux plafonds peints de grottesques et qui exposent des toiles de maître (Greco, Ribera, Titien, Vélasquez, Véronèse, Bosch…), la basilique qui abrite un immense retable et un très beau Christ sculpté de Bevenuto Cellini (1526) et dont la façade ornée des statues des rois de Judée a donné son nom à la cour d’entrée, la bibliothèque magnifiquement décorée de fresques et dont les livres sont disposés le dos tourné vers l’intérieur pour des raisons de conservation, les Nouveaux musées, d’architecture (sur la construction du monastère) et de peinture (ne pas manquer le Calvaire de Roger Van der Weyden).