Fondée au XVIIIᵉ siècle à partir des collections du Collegio Romano et des suppressions ecclésiastiques, la Pinacoteca Nazionale di Bologna est installée depuis 1808 dans l’ancien complexe de Sant’Ignazio. L’institution conserve un panorama structuré de la peinture émilienne et italienne du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, articulé en sections chronologiques mettant en évidence les écoles locales, les commandes religieuses et les évolutions stylistiques propres à la région.
Le parcours s’ouvre sur les maîtres médiévaux bolonais. Saint Georges et le Dragon (vers 1340) de Vitale da Bologna marque la transition entre langage byzantinisant et observation plus directe du mouvement. Le Polyptyque de Bologne (vers 1330–1334) de Giotto, provenant de l’église Sainte-Marie-des-Anges, témoigne de la diffusion précoce du giottisme dans l’Émilie. Ces œuvres introduisent une galerie de peintures trecentistes où dominent couleurs saturées et rigueur narrative.
La section Renaissance s’organise autour de contributions ombriennes et romaines accueillies dans la ville. La Vierge en gloire et saints (1497–1499) du Pérugin illustre la construction d’un espace harmonique fondé sur des axes de symétrie et une perspective atmosphérique douce. Le développement du Cinquecento atteint un sommet avec L’Extase de sainte Cécile (1518) de Raphaël, transférée ici au XIXᵉ siècle : la structure pyramidale, le geste ascendant et la relation entre figures sacrées et instruments terrestres en font une référence majeure de la peinture raphaélesque tardive.
Le Salone delle Fatiche, dit « salon des fresques », conserve de vastes fragments muraux provenant de plusieurs édifices médiévaux et renaissants de Bologne, offrant un aperçu direct des techniques d’enduit, de la palette locale et des programmes iconographiques civiques ou religieux de la ville.
La période maniériste et baroque est représentée par un ensemble dense lié à l’Académie bolonaise. Les œuvres d’Annibale, Agostino et Ludovico Carracci – études, retables et peintures de dévotion – documentent la réforme naturaliste entreprise à la fin du XVIᵉ siècle. Les toiles de Guido Reni, issues de différentes phases de sa carrière, montrent le passage d’un naturalisme adouci à des compositions plus lumineuses et idéalisées, caractéristiques de l’école bolonaise du premier Seicento.