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Israël > Désert de Judée

Qumrân

Commentaire culturel

Il a fallu la découverte d’une grotte à manuscrits pour que le site archéologique de Qumrân passionne soudain les esprits !
Qui étaient ses habitants : une communauté masculine de juifs pieux ? des esséniens ? des aristocrates hellénisés ? Des fabricants de poteries ? Comment vivaient-ils : en obéissant à une règle ? en rédigeant les manuscrits trouvés dans les grottes ? Autant de questions qui révèlent les débats animés des savants. Une visite déroutante qui met en face de l’une des grandes énigmes archéologiques de la Terre sainte…
Roland de Vaux ,  dominicain de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem était un archéologue infatigable et intrépide. Il a dirigé de nombreuses fouilles dans le pays, dont les 1ères fouilles de Qumrân.
Très vite il a une intuition géniale : Qumrân est le site des esséniens ! Jusqu’alors, les esséniens étaient connus seulement par les textes des historiens de l’Antiquité : un groupe d’hommes juifs très pieux vivant en communauté au bord de la mer Morte… Fort de cette conviction, de Vaux interprète le site. Selon lui, les esséniens se seraient installés vers -150 autour d’un fortin abandonné. Ils auraient vécu en complète autarcie, observant des pratiques religieuses, copiant des manuscrits et effectuant des activités artisanales. En 68, ils auraient caché leurs manuscrits dans les grottes avant d’être chassés par les Romains.
Mais la théorie de Vaux ne fait plus l’unanimité. Aujourd’hui, les archéologues de l’École biblique nuancent sa vision qui fait ressembler Qumrân à un monastère du Moyen-Âge. Ils admettent la présence d’une communauté, probablement des esséniens — cela reste une déduction à partir des textes (pas d’inscriptions signées sur le site par exemple). En revanche, l’établissement n’aurait pas été coupé du monde : au contraire, Qumrân aurait été un centre intellectuel juif ouvert, voire un lieu de pèlerinage.
La découverte des manuscrits de la mer morte dans la falaise de Qumrân suscita un enthousiasme sans précédent dans le monde juif et chrétien : ils révolutionnent notre connaissance de la Bible et du judaïsme de l’époque du Christ.
Au printemps 1947, un Bédouin remarque de vieilles jarres avec des parchemins griffonnés dans une grotte. La découverte est présentée à Kando, cordonnier et revendeur d’antiquités sous le manteau. Alors que le mandat britannique touche à sa fin, Sukenik, professeur d’épigraphie sémitique à l’Université hébraïque, entend parler des manuscrits. Il se risque côté arabe et achète un 1er manuscrit. Plongé dans le déchiffrement, Sukenik comprend peu à peu qu’il est face aux plus anciens écrits juifs connus !
Mai 1948: l’État d’Israël est proclamé puis attaqué par la coalition arabe. Bientôt, la Jordanie étend son contrôle sur les territoires à l’est de Jérusalem, dont Qumrân. Les Antiquités jordaniennes confient le sauvetage du site et des manuscrits aux écoles archéologiques françaises et américaines. À partir de 1952, les Bédouins conscients des enjeux financiers – les manuscrits valent désormais des millions de dollars ! –, trouvent et pillent 4 grottes. En urgence, les archéologues dégagent à leur tour 4 grottes plus modestes. En 1956, ce sont encore les Bédouins qui entrent dans la dernière grotte: les chercheurs n’ont plus qu’à scruter le marché des antiquités… Aujourd’hui, presque tous les manuscrits sont conservés dans le sanctuaire du Livre, au musée de Jérusalem.

Suggestions

Informations pratiques :
payant (carte des parcs nationaux)

Références

Ecrits intertestamentaires / Lc 3 ; 4

 

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