Commentaire culturel
Plongez dans l’histoire légendaire de Rome en découvrant ce coin secret qui occupe une place singulière dans la ville. Niché au cœur de la zone connue sous le nom de Velabro, autrefois une étendue de terre marécageuse, cet endroit est lié à la légende de Romulus et Remus. Deux monuments romains, l’Arc de Janus et l’Arc des Argentari, témoignent de l’importance grandissante de cette zone au fil des siècles et sont partiellement intégrés à la structure de l’église.
L’église elle-même, d’origine ancienne mais incertaine, possède un plan irrégulier qui suggère qu’elle a été construite sur les vestiges d’un édifice romain antérieur. Elle pourrait être l’une des premières diaconies établies sous le règne du pape Grégoire le Grand, à la fin du VIe siècle. Dédiée à saint Georges et saint Sébastien, les deux saints guerriers de l’Orient et de l’Occident, cette église témoigne d’une dévotion profonde à travers une fresque ornant l’abside. Son histoire est marquée par la présence d’une colonie grecque florissante dans la région, composée de moines orientaux ayant fui les persécutions iconoclastes.
Au XIIIe siècle, d’importantes modifications ont été apportées à l’église, telles que l’ouverture d’une rosace sur la façade et la construction d’un portique orné d’un entablement gothique portant l’inscription commémorant le donateur. Le clocher roman, quant à lui, remonte à la seconde moitié du XIIe siècle. Malgré les nombreuses restaurations au fil du temps, l’église a été marquée par des inondations fréquentes en raison de son emplacement en contrebas du fleuve. Les travaux radicaux réalisés dans les années 1920 ont restauré l’apparence romane « idéale » de l’église en éliminant toutes les traces des périodes ultérieures, y compris les décorations et la façade baroque.
À l’intérieur, vous découvrirez trois nefs séparées par des colonnes de marbre et de granit, ornées de chapiteaux ioniques et corinthiens. Sous l’autel surélevé, se trouve la « fenestella confessionis », une fenêtre qui permettait aux fidèles d’apercevoir les reliques des martyrs sans pouvoir les toucher. Vous y verrez la tête, l’épée et un fragment du drapeau de saint Georges. La fresque dans l’abside, autrefois attribuée à Giotto, est maintenant attribuée à Pietro Cavallini ou à son école. Elle présente une composition semblable aux mosaïques de l’Antiquité tardive, avec le Christ au centre et saint Georges, saint Sébastien, saint Pierre et Marie de chaque côté.
En juillet 1993, une attaque terroriste a endommagé le porche et le pignon de l’église, laissant cependant le clocher roman intact.
Commentaire spirituel
Saint Georges serait né vers 275 en Cappadoce d’une famille aisée. Si le mot Georges signifie agriculteur, il devient officier dans l’armée. La légende raconte que dans une ville, un dragon dévorait tous les jours deux jeunes gens. Lors qu’il s’apprête à dévorer la fille du roi, Georges sur son cheval blanc engage un combat acharné contre le dragon et après un signe de croix pour solliciter l’aide du Christ, il le tue de sa lance. Les habitants de la ville se convertissent. Durant les grandes persécutions de Dioclétien en 303, Georges est emprisonné. Il sera martyrisé et meurt décapité le 23 avril 303. Il est le saint patron de la chevalerie. Sa représentation en chevalier qui terrasse un dragon symbolise la victoire sur le démon (du bien sur le mal).