La basilique de San Nicola s’élève dans le centre historique de Bari, à proximité immédiate de l’ancien port. Sa construction commence en 1089, dans la cour de l’ancien palais du gouverneur byzantin, afin d’accueillir les reliques de saint Nicolas de Myre, transférées à Bari en 1087. Dès l’origine, l’édifice est conçu comme un sanctuaire majeur, destiné à affirmer le rôle religieux et politique de la ville dans l’Adriatique médiévale.
L’architecture de la basilique constitue une interprétation originale du roman apulien, issue d’un dialogue entre plusieurs traditions. On y reconnaît des éléments des styles lombard, pisan et français, intégrés à une structure marquée par des influences de l’expression syrienne de l’architecture byzantine, perceptibles dans la monumentalité compacte des volumes et la sobriété décorative des élévations. La façade, encadrée de deux tours inachevées, présente un portail sculpté sobre, sans surcharge ornementale, accentuant l’effet de solidité et d’équilibre.
L’intérieur adopte un plan basilical à trois nefs, séparées par des colonnes antiques remployées, surmontées de chapiteaux sculptés. La composition spatiale privilégie la clarté et la hiérarchie des volumes. Le presbytère est dominé par la Cattedra di Elia (vers 1105), chaire épiscopale en marbre attribuée au maître Elia, soutenue par des figures symboliques humaines et animales, témoignage majeur de la sculpture romane en Italie méridionale.
Un contraste marqué apparaît avec le plafond en bois doré et peint du XVIIᵉ siècle, richement décoré, qui s’impose visuellement au-dessus de la rigueur architecturale médiévale. Cette intervention baroque tardive modifie la perception de l’espace sans en altérer la structure, créant une tension esthétique entre sobriété romane et ornementation décorative.
La crypte, vaste et rythmée par de nombreuses colonnes, conserve le tombeau de saint Nicolas. Elle demeure un lieu liturgique actif, fréquenté tant par les fidèles catholiques que par les chrétiens orthodoxes, soulignant le rôle durable de la basilique comme espace de convergence spirituelle. Par son histoire, son architecture et sa fonction religieuse, San Nicola reste l’un des édifices majeurs du patrimoine médiéval de l’Italie méridionale.