La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, également connue sous le nom de Duomo di Torino, se situe au cœur du centre historique de la ville.
Histoire
Construite entre 1491 et 1498 sur l’emplacement de trois églises médiévales plus anciennes, elle est le premier exemple d’architecture Renaissance à Turin. L’édifice a été réalisé sous l’impulsion de l’évêque Domenico della Rovere et du duc Charles Ier de Savoie, selon les plans de l’architecte toscan Meo del Caprino (également appelé Amedeo di Francesco da Settignano). Consacrée en 1505, elle est dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de la ville. Au XVIIe siècle, elle a été enrichie d’une chapelle dédiée au Saint-Suaire, relique transférée définitivement à Turin en 1578 et qui a fait de la cathédrale un haut lieu de pèlerinage mondial. Un incendie majeur en 1997 a endommagé une partie de l’édifice, notamment la chapelle, mais une restauration minutieuse a permis de lui rendre toute sa splendeur.
Architecture
Extérieurement, la cathédrale présente une façade sobre et élégante de style Renaissance, réalisée en marbre blanc, rythmée par trois portails et surmontée d’un fronton classique. À gauche se dresse le campanile en briques rouges, édifié vers 1470, qui apporte une touche médiévale contrastant avec l’ensemble Renaissance. L’intérieur adopte un plan en croix latine avec trois nefs voûtées, où subsistent quelques éléments gothiques hérités des édifices antérieurs. Les sept chapelles latérales abritent de nombreux autels et œuvres dévotionnelles, conférant à l’espace une atmosphère intime et lumineuse malgré sa grandeur.
Oeuvres d’art
Parmi les œuvres d’art majeures, on remarque particulièrement, dans la nef droite (deuxième autel), le polyptyque des saints Crispin et Crispinien, réalisé au début du XVIe siècle par les peintres piémontais Martino Spanzotti et Defendente Ferrari. Dans la chapelle Saint-Eusèbe se trouvent également les tombeaux de plusieurs membres illustres de la maison de Savoie, dont ceux du duc Emmanuel-Philibert et du prince Eugène de Savoie-Carignan, témoignant du lien étroit entre la cathédrale et la dynastie royale.
Chapelle du Saint-Suaire
La chapelle du Saint-Suaire (Cappella della Sacra Sindone), attenante à la cathédrale et reliée au Palais Royal, constitue le joyau absolu de l’ensemble. Chef-d’œuvre du baroque piémontais conçu par l’architecte et mathématicien Guarino Guarini entre 1668 et 1694, elle se présente sous la forme d’une rotonde couronnée d’une coupole conique audacieuse et d’une structure géométrique complexe, percée de fenêtres qui créent un jeu de lumière spectaculaire. C’est dans cette chapelle, aujourd’hui restaurée et accessible via le Palais Royal, que le Saint-Suaire est conservé dans une châsse climatisée et sécurisée. Cette relique, objet de vénération et de débats scientifiques depuis des siècles, fait de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste un site unique au monde.