Commentaire culturel
« Et toi, Bethléem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël. »
Pour les chrétiens, la basilique de la Nativité est le lieu où se réalisa cette promesse de l’écriture : la naissance d’un messie, Jésus Christ. Elle constitue un exemple unique de basilique byzantine intacte de Terre Sainte.
Dès le IIe s. la crèche est vénérée sur cet emplacement, mais, en 135, elle est détruite par l’empereur Hadrien. Constantin édifie ensuite une basilique que Justinien transforme. Après la conquête arabe, les musulmans, pour qui la naissance de Jésus est importante, prient dans la basilique. Les croisés et les Byzantins la re-décorent main dans la main au XIIe s. Sous les pouvoirs musulmans suivants, elle est pillée de ses marbres mais la vénération demeure.
Chose unique en Terre Sainte, l’aspect général de la basilique n’a pas changé depuis le VIe s. ! Si la toute première église de Constantin fut saccagée lors de la révolte des Samaritains autour de 529, l’église reconstruite sous Justinien survécut providentiellement jusqu’à nous. En 614, les Perses qui démolissaient tant d’églises en Terre Sainte s’arrêtèrent devant la basilique de Bethléem : une mosaïque (aujourd’hui disparue) représentait les rois mages vêtus à la mode perse ! Puis les premiers musulmans vénérèrent ce lieu où était né le prophète Issa, nom de Jésus en arabe. Ce n’est qu’à partir des mamelouks que l’édifice fut peu à peu pillé.
En regardant la façade, difficile de songer qu’il s’agit de la prestigieuse basilique de la Nativité ! À l’origine, la façade comprenait trois portes monumentales richement décorées. Aujourd’hui, on entre en se baissant par une porte minuscule. Elle a été réduite une première fois à l’époque croisée. La légende raconte que c’était pour interdire l’entrée aux cavaliers montés sur leur cheval ! Après le départ des croisés, elle a été diminuée une seconde fois pour limiter le vol des blocs de marbre que des pilleurs sans scrupule emportaient sur des chariots. Dans la nef, un pavement de mosaïque en sous-sol est visible à travers quelques ouvertures. On peut se demander pourquoi ce magnifique pavement est enfoui à moins d’un mètre du sol actuel ? Il appartiendrait probablement à la première basilique bâtie par Constantin.Les belles mosaïques médiévales ont été restaurées. L’un des anges du registre supérieur a été découvert sous l’enduit qui le masquait et les colonnes constantiniennes ont révélé des personnages peints (saints et prophètes) à la même époque.
Suggestions
Difficile pour célébrer car beaucoup de monde ; le meilleur endroit mais très demandé est la grotte de St-Jerôme.
Commentaire spirituel
Au IVe s., Constantin voulait mettre en valeur trois lieux hautement symboliques du Christ. Il choisit le lieu de la naissance du Christ (ici), de la mort et de la résurrection (le St-Sépulcre), de l’ascension (l’éléona sur le mont des Oliviers). Jusqu’alors, les chrétiens se recueillaient discrètement dans les grottes aménagées sur chacun des emplacements. Constantin fit installer de somptueuses basiliques au-dessus des grottes. Sa mère, la reine Hélène participa généreusement au financement. Pour les chrétiens, c’était un véritable bouleversement !
Références
(Is 42, 1-9 / Lc 2, 1-20 / Mt 2)