Histoire
Le sanctuaire naît d’une légende du XIVe siècle. Salaün ar Foll, le « fou du bois » (Fol ar c’hoad), simple d’esprit et dévot de la Vierge, meurt en 1358. Un lys pousse de sa tombe, enraciné dans sa bouche, avec les mots Ave Maria inscrits en lettres d’or. Les pèlerins affluent. Après la bataille d’Auray, le duc Jean IV pose la première pierre vers 1365. Les guerres interrompent le chantier. Jean V le relance, fait bénir le sanctuaire en 1419 et l’érige en collégiale en 1423, date gravée au portail ouest. Le pape Martin V l’élève au rang de basilique mineure en 1427. Anne de Bretagne s’y rend plusieurs fois. Incendiée en 1708, vendue à la Révolution puis rachetée en 1810, elle devient église paroissiale en 1829. Classée monument historique dès 1840, la Vierge est couronnée en 1888. Le Grand Pardon de septembre et les « Pemp Sul » de mai restent les temps forts du pèlerinage.
Architecture et décor intérieur
L’architecture est un gothique flamboyant d’une rare unité, en plan atypique en L (ou gamma grec) : nef de cinq travées, chœur de deux travées à chevet plat, un seul bras de transept au sud. La façade ouest porte deux tours dissemblables : au nord, un clocher de pierre d’environ 53 mètres, flèche octogonale ajourée à crochets inspirée du Kreisker ; au sud, une tour inachevée coiffée au XVIIe siècle d’un campanile Renaissance à colonnes ioniques. Le porche des Apôtres, dans l’aile sud, aligne treize statues (les Douze plus saint Paul) sous des guirlandes sculptées. Le kersanton y est employé massivement, pour la première fois à cette échelle, et un atelier ducal d’imagiers rayonne ensuite dans tout le Léon.
Le décor intérieur a pour pièce maîtresse le jubé du début du XVe siècle, seul jubé breton en kersanton : dentelle de pierre d’environ 5 m de haut et 6,50 m de large, trois arcades, feuillages, fleurs et petits animaux ; les travées latérales portent des autels, le passage central les armes des Du Chastel. Le maître-autel, également en kersanton, dépasse 4 mètres, avec quatorze arcades et une guirlande de vigne et d’acanthe. La Vierge noire de kersanton, contemporaine de l’église, a été couronnée en 1888 ; une Vierge de bois de 1660 l’a un temps remplacée. Les vitraux d’origine, détruits en 1708 puis en 1793, ont été refaits au XIXe siècle par Émile Hirsch, Hucher et plus tard Auguste Labouret ; l’un d’eux commémore le couronnement de 1888. Derrière le chevet, une fontaine jaillit sous le maître-autel : l’eau est encore l’objet de dévotion.
Jours et horaires d’ouverture
L’entrée est libre hors célébrations ; des visites guidées sont proposées l’été (SPREV) et sur réservation le reste de l’année. Vérifier les horaires auprès du sanctuaire ou de l’office de tourisme de la Côte des Légendes.