Les basiliques de Lourdes
Le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes compte trois basiliques, étagées autour de la grotte de Massabielle. Elles répondent à la demande de la Vierge — « allez dire aux prêtres de faire bâtir ici une chapelle » — et accueillent messes, chapelets et grands pèlerinages.
Basilique de l’Immaculée-Conception
Dite basilique supérieure, elle est construite sur le rocher, juste au-dessus de la grotte et de la crypte. Œuvre d’Hippolyte Durand, de style néogothique, elle est élevée de 1862-1866 à 1871 et consacrée en 1876. Nef unique allongée, sans transept (le rocher ne le permettait pas), chevet polygonal et flèche qui marque le ciel au-dessus du sanctuaire, chœur à déambulatoire et chapelles, triforium et grandes baies ogivales. Elle peut accueillir environ 700 personnes. Les vitraux de Lucien Laurent-Gsell racontent les apparitions, l’histoire de Lourdes et celle de l’Église. C’est le premier grand sanctuaire visible depuis l’esplanade, couronné d’une flèche. Les murs de soutènement et le socle taillé dans la pierre font de l’édifice une sorte de navire posé sur la falaise. Depuis l’esplanade, on la voit émerger derrière et au-dessus de la coupole de la basilique du Rosaire.
La façade et accès
La façade occidentale, tournée vers le domaine, est percée de portails ogivaux. Un escalier à volées convergentes mène au parvis de la basilique ; plus bas, une porte donne directement à la crypte. Les baies sont en arc brisé, typiques du néogothique du XIXe siècle. Les vitraux de Lucien Laurent-Gsell se lisent surtout de l’intérieur, mais les grandes fenêtres rythment clairement les élévations.
Les matériaux et rapport au site
Pierre claire, pinacles, arcs-boutants discrets, toiture d’ardoise : l’ensemble reste assez sobre par rapport à beaucoup de basiliques néogothiques de la même époque. L’effet vient moins du décor sculpté que de la situation : l’église semble naître du rocher même où eurent lieu les apparitions, et elle couronne visuellement la grotte pour tous ceux qui arrivent par l’esplanade ou le gave.
Basilique Notre-Dame du Rosaire
Dite basilique inférieure, elle s’étend en contrebas, face à l’esplanade. Conçue par Léopold Hardy en style romano-byzantin, construite de 1883 à 1889 et consacrée en 1901, elle forme une croix grecque d’environ 2 000 m² (1 100 à 1 500 fidèles). Coupole centrale, bras du transept et chœur s’ouvrent sur quinze chapelles rayonnantes. Plus de 2 000 m² de mosaïques (Giandomenico Facchina et autres) illustrent les mystères du Rosaire — joyeux, douloureux, glorieux, auxquels s’ajoutent les mystères lumineux. Peu de vitraux : la lumière et le récit passent par les mosaïques. C’est le décor habituel du chapelet et de nombreuses messes.
La façade
La basilique Notre-Dame du Rosaire, dite basilique inférieure, s’ouvre sur l’esplanade par une façade semi-circulaire de style romano-byzantin. Coupole dorée couronnée d’une croix (don irlandais), rampes d’accès de part et d’autre, volume bas pour ne pas masquer la basilique de l’Immaculée-Conception posée au-dessus. Le marbre blanc et les portes encadrent l’entrée principale, tournée vers les processions.
Les mosaïques de Rupnik
En 2007, pour le 150e anniversaire des apparitions et en hommage à Jean-Paul II — qui avait ajouté les mystères lumineux au Rosaire en 2002 —, la façade a reçu des mosaïques de l’atelier romain du jésuite slovène Marko Ivan Rupnik. Style contemporain : figures aux grands yeux, fonds d’or, tesselles colorées.
Sur la façade et autour des portes se lisaient notamment :
- le Baptême du Christ ;
- les Noces de Cana (souvent sur les portes) ;
- l’Annonce du Royaume ;
- la Transfiguration ;
- l’Institution de l’Eucharistie ;
ainsi que d’autres scènes adaptées aux pans de mur (annonce du Royaume, guérison du paralytique, etc.).
Situation actuelle
Après les accusations d’abus sexuels visant Marko Rupnik, le diocèse de Tarbes et Lourdes a d’abord cessé de les éclairer lors des processions (2024), puis a masqué les mosaïques des portes (mars 2025). En 2026, à l’approche de la visite du pape, l’ensemble des mosaïques de Rupnik de la façade a été recouvert, et l’évêque a indiqué qu’elles le resteraient après cette visite. On voit donc aujourd’hui des panneaux de substitution, et non plus les tesselles d’or et de couleur.
Basilique Saint-Pie-X
Basilique souterraine, consacrée le 25 mars 1958 pour le centenaire des apparitions. Architecte Pierre Vago, avec Pierre Pinsard, André Le Donné et l’ingénieur Eugène Freyssinet. Ovale en béton précontraint d’environ 12 000 m² (jusqu’à 25 000 personnes), voûte basse en coque de navire renversée, autel au centre. Tentures de saints et bienheureux, gemmaux (René Margotton et autres) : apparitions, chemin de croix, mystères du Rosaire. C’est le lieu des messes internationales et des très grandes assemblées, surtout par mauvais temps.
Les offices
Le programme varie selon la saison. En période de pèlerinage, une journée type comprend souvent une messe à la grotte vers 10 h, le chapelet à la grotte l’après-midi (plusieurs langues : français, anglais, espagnol, italien), une procession eucharistique vers 17 h et la procession mariale aux flambeaux vers 21 h. Des messes sont aussi célébrées à la crypte, à la basilique du Rosaire, à celle de l’Immaculée-Conception et, mercredi et dimanche notamment, à Saint-Pie-X (messe internationale). Confessions en plusieurs langues à la chapelle de la Réconciliation. Horaires exacts : lourdes-france.com.