Le château de Beynac
Dressé au sommet d’une falaise, le château de Beynac est l’une des forteresses les plus authentiques du Périgord noir. Sentinelle de pierre depuis le XIIe siècle, il surveille la Dordogne et offre l’un des plus beaux panoramas de la vallée des cinq châteaux.
Le site naturel
Le château est accroché à un éperon calcaire, à environ 150 mètres au-dessus de la Dordogne. Côté rivière, l’à-pic rendait toute attaque presque impossible. Côté plateau, les défenseurs ont multiplié les protections : double enceinte, fossés et barbacane.
Depuis le donjon et la terrasse de l’éperon, la vue embrasse le méandre de la Dordogne, les villages et les châteaux voisins. Ce panorama est souvent cité parmi les plus remarquables du Périgord.
Histoire
Les barons de Beynac font élever la forteresse au XIIe siècle pour verrouiller la vallée. Le donjon roman, massif et peu percé, sert d’ultime refuge.
En 1194, Adémar de Beynac meurt sans héritier. Richard Cœur de Lion, duc d’Aquitaine, confie alors la châtellenie à son compagnon Mercadier. Les Beynac récupèrent ensuite la place. Simon de Montfort, durant la croisade albigeoise, s’attaque à la région, mais le château reste une place forte.
Pendant la guerre de Cent Ans, Beynac passe un temps sous influence anglaise après le traité de Brétigny, puis redevient français. Au XVe siècle, les seigneurs de Beynac figurent parmi les quatre barons du Périgord. La lignée s’éteint au début du XIXe siècle. Restauré depuis les années 1960, le château est aujourd’hui classé monument historique et ouvert au public.
Architecture
L’ensemble a l’allure austère d’un vrai château fort. Le cœur est le donjon carré du XIIe siècle, couronné de créneaux, avec bretèche et échauguette. Un logis seigneurial lui est accolé dès la fin du XIIe siècle.
Au XIIIe siècle s’ajoute le bâtiment de l’éperon, plus résidentiel, percés de baies géminées. Une double enceinte protège le côté plateau. Au XVIIe siècle, un escalier droit de type Renaissance dessert les appartements méridionaux, plus confortables que les anciens accès en vis.
La cuisine médiévale, la barbacane et les courtines rappellent la vocation militaire du lieu, tandis que les ouvertures plus larges des logis plus tardifs marquent le passage vers une résidence seigneuriale.
Décor intérieur
La visite traverse plusieurs siècles de vie seigneuriale.
La salle des Gardes, pièce basse du logis, reste rude et militaire : on y entrait autrefois à cheval. La salle des États du Périgord, vaste et voûtée, accueillait les réunions des quatre barons. Elle conserve une imposante cheminée Renaissance.
L’oratoire, ouvert sur cette salle, est entièrement recouvert de fresques du XVe siècle : Pietà, Cène, saint Christophe. Au XVIIe siècle, les salons reçoivent des lambris peints et des plafonds soignés, notamment dans la salle des Armures. Des tapisseries évoquent chasses et scènes de cour.
Cuisine du XIIIe siècle, cheminées, mobilier et décors peints donnent une image concrète de la vie dans une grande forteresse périgourdine.
Jours et horaires de visite
Le château est ouvert tous les jours de l’année, sans interruption, sans réservation obligatoire pour les individuels. La visite se fait à son rythme (environ 1 h à 1 h 30), avec commentaires disponibles sur téléphone.
Horaires 2026 (dernier accès une heure avant la fermeture) :
- 7 février – 3 avril : 10 h – 18 h
- 3 avril – 3 juillet : 10 h – 19 h
- 4 juillet – 30 août : 9 h – 21 h (fermeture un peu plus tôt le week-end selon les jours)
- 31 août – 30 septembre : 10 h – 19 h
- 1er octobre – 1er novembre : 10 h – 18 h
- 2 novembre – 18 décembre : 10 h – 17 h
- 19 décembre 2026 – 3 janvier 2027 : 10 h – 18 h
Les horaires peuvent légèrement varier : il est prudent de vérifier sur le site officiel avant de se déplacer. Les enfants de moins de 10 ans accompagnés entrent gratuitement. Les chiens tenus en laisse sont acceptés.