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France > Amiens

Beffroi d’Amiens

Le beffroi se dresse en centre-ville, près des Halles, à quelques minutes à pied de la cathédrale et de la rue des Trois Cailloux. Les visites se font selon un calendrier municipal.

Histoire

Le beffroi naît avec la commune. En 1117, Amiens obtient sa charte : le clocher communal, face au pouvoir seigneurial et épiscopal, devient le symbole des libertés bourgeoises. Le premier beffroi, sans doute en bois, a disparu. Un édifice est mentionné au XIIIe siècle. Après un incendie en 1406, les échevins font reconstruire en 1410 une base carrée en pierre des carrières de Saint-Maurice.

Tour à tour premier hôtel de ville, prison (jusqu’à la Seconde Guerre mondiale) et tour d’alarme, le monument brûle à plusieurs reprises (1562, 1742). Après 1742, l’architecte Pierre-Louis Beffara lui donne sa silhouette actuelle : campanile de pierre, dôme et lanternon, achevés vers 1753. En 1940, les bombardements incendient à nouveau la tour ; la grande cloche Marie-Firmine (environ 10 à 11 tonnes) se brise dans sa chute. La reconstruction du dôme, dirigée par François Vasselle, s’achève en 1990. Un carillon de 30 cloches est installé en 2001. Inscrit aux monuments historiques en 1926, le beffroi rejoint en 2005 la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO avec les beffrois de Belgique et de France. Les Amiénois l’ont longtemps appelé « Ch’ Bédouf ».

Architecture et décor extérieur

Haut d’environ 52 m, le beffroi est un édifice composite, lisible comme un livre d’histoire. La base carrée (XVe siècle), en pierre de taille, mesure environ 13 m de côté et 17 m de haut. Au-dessus s’élève le campanile du XVIIIe siècle, avec volutes baroques à la naissance de la tour, puis un dôme d’ardoises, un lanternon et une girouette : l’Ange de la Renommée, replacé en 1990.

Cette superposition — médiéval en bas, classique et baroque en haut — le distingue des beffrois gothiques plus homogènes du Nord. Il dialogue aujourd’hui avec le fronton des Halles, sur la même place.

Architecture et décor intérieur

On gravit une centaine de marches par un étroit escalier à vis. Les trois niveaux inférieurs appartiennent à la base du XVe siècle. Au rez-de-chaussée : petites salles, dont une cuisine voûtée d’ogives, autrefois celle du « chépier » (gardien). Aux étages : cellules de prison ; les murs portent encore des graffitis de détenus. Une pièce est dite « cellule des Australiens » à cause d’un bas-relief. Des fragments de la cloche Marie-Firmine restent exposés.

Plus haut, l’espace du XVIIIe siècle superpose des voûtes percées d’un oculus, pour hisser autrefois la cloche. La terrasse offre un panorama sur la cathédrale, Saint-Leu, les toits et, par temps clair, la campagne picarde. La terrasse ferme souvent par temps de pluie. Pas d’ascenseur : la visite n’est pas adaptée aux personnes à mobilité réduite.

Le carillon sonne heures et quarts, en général entre 9 h et 19 h, et joue parfois des airs locaux.

Jours et horaires de visite

L’accès intérieur n’est pas quotidien. Il dépend du programme de la Ville (visites libres le week-end à certaines périodes, visites guidées, nocturnes en été). Exemples de fonctionnement habituel :

  • visites libres souvent le samedi et le dimanche, 14h–18h, notamment en juillet-août et certains week-ends d’automne-hiver ;
  • visites commentées et nocturnes sur dates précises (réservation obligatoire) ;
  • tarif indicatif des visites libres : autour de 2 à 5 € selon la formule ; tarif famille parfois proposé.

Réserver ou vérifier le calendrier sur amiens.fr/patrimoine ou auprès de l’office de tourisme (03 22 22 58 90). La place au Fil reste accessible en permanence : on peut voir le beffroi de l’extérieur à toute heure.

Infos pratiques

Place du Fil 80000 Amiens, Picardie, France
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