Commentaire culturel
La villa Farnesina fut construite au tout début du XVI° siècle pour Agostino Chigi, homme d’affaires et banquier du pape Jules II. L’édifice en forme de U est construit par l’architecte Baldassare Peruzzi. Les murs et les plafonds sont décorés de fresques. La grande loggia du rez-de-chaussée est décorée par Raphaël et ses élèves et développe le thème de l’Histoire d’Amour et de Psychée. extraite du récit qu’en fait l’auteur latin Apulée dans l’Âne d’Or Raphaël peint également la célèbre fresque du Triomphe de Galatée dans une salle adjacente. Des thèmes astrologiques, des paysages, des thèmes historiques sont représentées dans les diverses pièces jusque dans la chambre à coucher que Sodoma a décoré d’un cycle de fresques sur la vie d’Alexandre le Grand.
Histoire de la villa
Durant l’antiquité, on a trouvé les traces de présence d’une villa romaine. La ville Farnesina fut construite par Baldassarre Peruzzi entre 1508 et 1511 puis peinture des fresques par Raphael en 1518. Après la faillite du fils d’Agostino Chigi en 1578, la villa est mise aux enchères et rachetée par le cardinal Alexandre Farnese dont le projet était de construire un pont pour relier la villa et le palais Farnèse. La villa prendra son nom actuel de ce projet. En 1735, elle passe dans la famille Bourbon de Naples. En 1864 suite à la chute du royaume des Deux-Siciles, elle est sauvée par l’ancien ambassadeur d’Espagne à Naples. Elle est finalement rachetée par l’état Italien en 1927.
La villa d’Agostino Chigi
Né à Sienne en 1466 d’une famille de banquier, il est un homme d’affaires précoce et avisé. De nos jours, il serait peut-être Bernard Arnault. À 20 ans déjà fort de l’expérience acquise dans la maison de commerce de son père, il veut voler de ses propres ailes et il crée sa première banque. Il bâtit sa stratégie sur les relations qu’il entretient avec les états pontificaux. Banquier, exploitant minier, marchand, industriel ou armateur, il emploie plus de 20 000 personnes. Sa flotte compte plus de cent navires et sa banque plus de cent succursales dans les principales villes d’Europe jusqu’en Turquie. Banquier des papes, il finance l’élection de Jules II della Rovere dont il devient l’ami. Pour sceller leur amitié, le pape autorise Agostino à ajouter l’arbre emblème des Rovere au blason de la famille Chigi. Lors des banquets, il jetait la vaisselle précieuse dans le Tibre pour impressionner ses convives mais on raconte, qu’un filet tendu lui permettait de la récupérer la fête terminée.
Certains de ses contemporains le décrivent comme un illettré certainement par jalousie. Pour construire un tel empire commercial, il n’a certainement pas eu le temps de traîner dans les bibliothèques. Difficile d’être un grand homme d’affaires et un grand intellectuel ou un artiste ! Il saura utiliser sa fortune pour favoriser les arts et soutenir de nombreux artistes comme Le Pérugin, Giovanni da Udine, Giulio Romano, Baldassarre Peruzzi et Raphaël… Il ouvrira la première imprimerie à Rome. Sans être un « grand intellectuel », il était au moins visionnaire.