Commentaire culturel
La ville de l’Enna se dresse sur un plateau culminant à 948 mètres et est entourée de collines ponctuées de rares oliviers. Tout en haut s’élève la plus grande forteresse de Sicile : l’immense château médiéval de Lombardie, témoin de l’importance stratégique passée de la cité. Bien que pratiquement imprenable du fait de sa position au sommet de falaises impraticables, le château a subi les dominations byzantine, normande, arabe et française. Sur les pentes au sud-est de la ville d’Enna se dresse le Sanctuaire des SS. Crucifix de Papardura. La légende raconte qu’en 1546, un certain Angelo Lo Furco aurait construit un oratoire à l’intérieur d’une grotte près de Papardura et y aurait fait peindre une scène de la Crucifixion. La grotte tomba ensuite dans l’oubli et plus tard, des femmes pieuses auraient rêvé que Jésus crucifié était peint dans une grotte près de Papardura et que plusieurs personnes y auraient été miraculeusement guéri. À l’endroit indiqué, les débris qui avaient recouvert la grotte d’Angelo furent retirés et l’image de Jésus crucifié apparut. La rumeur des miracles se répandit dans toute la Sicile. Une église fut construite qui abrite l’effigie sacrée du crucifix rocheux. La cathédrale d’Enna, reconstruite aux XVIème et XVIIème siècles, conserve plusieurs œuvres d’art dont un crucifix en bois du XVème siècle, des bas-reliefs de Gian Domenico Gagini et un beau plafond à caissons. Le Palazzo Varisano, construit vers 1700 dans le style baroque, est occupé par le musée archéologique d’Enna avec des artefacts, allant de la préhistoire au moyen âge, trouvés dans la ville et sa campagne environnante. L’église Santa Chiara, construite en 1616 et ancien siège du Collège des Jésuites devint, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un sanctuaire dédié aux morts pour la patrie. Les jardins publics abritent la Torre de Federico, une tour octogonale de 24 m de haut qui aurait été la résidence d’été de Frédéric II et qui faisait partie autrefois d’un complexe plus vaste.