La vallée d’Ihlara est d’abord une réalité géologique, dans la région cappadocienne. Formée par l’érosion de la rivière Melendiz au fil des millénaires, elle s’étend sur environ 16 kilomètres et atteint par endroits une profondeur de 150 mètres. Ce canyon verdoyant, entouré de falaises abruptes, abrite de nombreuses églises rupestres et habitats troglodytiques, faisant de la vallée un lieu de grande importance historique et religieuse, et un site naturel aux paysages verdoyants, avec ses sources d’eau ses sentiers de randonnée.
L’un des sites les plus remarquables de la vallée est l’« église odorante », également connue sous le nom d’église de Kokar. Cet édifice, creusé dans la roche, est célèbre pour ses fresques bien préservées qui traitent de la vie du Christ. Elles datent des IXème et Xème siècles. Non loin, de la même époque, l’« église aux serpents », ou église de Yılanlı, qui tient son nom des motifs de serpents, symboles du mal et de la tentation, présents sur ses murs. L’on y admire une représentation magistrale du Jugement dernier, scène détaillée qui couvre une grande partie du programme iconographique.
Au cœur de la vallée d’Ihlara, l’on visite aujourd’hui le groupe d’édifices de Belisırma, qui comprend plusieurs églises et chapelles, ainsi que des habitats troglodytiques. Les églises de Belisırma sont célèbres elles aussi pour leurs fresques colorées et leurs décorations architecturales. Le monastère de Selime, situé à l’extrémité nord de la vallée, est un autre site intéressant connu pour son iconographie. Ce monastère, creusé dans la roche au VIème siècle, est l’un des plus grands et des plus impressionnants de Cappadoce. Il comprend une cathédrale, des chapelles, des cellules monastiques et des espaces de vie, formant une véritable ville souterraine.