L’Arena de Vérone est un amphithéâtre romain du début du Ier siècle, probablement sous Tibère, implanté sur un léger relief au sud du centre historique. Son plan elliptique d’environ 140 × 110 mètres illustre l’architecture de spectacle impériale : gradins en pierre locale formant un anneau continu et vestige de façade externe conservé sous la forme de l’« Ala », utile pour observer l’appareil de tuf et de calcaire rose. L’édifice accueillait près de 30 000 spectateurs, organisés selon un système de niveaux hiérarchisés, avec podium, vomitoires et circulations internes typiques des amphithéâtres romains. Les spectacles documentés incluent combats de gladiateurs, venationes et exhibitions publiques.
Au Moyen Âge, l’Arena fut absorbée dans le tissu urbain et servit ponctuellement d’espace défensif et de lieu de marché. À partir du XVIIIᵉ siècle, elle devint un espace de représentation, puis, en 1913, l’inauguration de la saison lyrique dédiée à Giuseppe Verdi fixa son identité moderne. Cet événement lança une tradition annuelle structurée aujourd’hui autour de l’Arena di Verona Opera Festival, qui propose des mises en scène de grande échelle pour des œuvres telles que Aida (1871) de Giuseppe Verdi, Carmen (1875) de Georges Bizet ou Turandot (1926) de Giacomo Puccini. La scénographie utilise la géométrie ouverte de l’amphithéâtre et son acoustique naturelle.
L’Arena accueille également une série de concerts symphoniques, récitals et événements produits par la Fondazione Arena di Verona, ainsi que des performances de musique populaire comprenant les tournées italiennes d’artistes internationaux. Les Célébrations de l’été véronais regroupent l’ensemble de ces activités, tandis que des événements ponctuels — cérémonies institutionnelles, projections monumentales, festivals thématiques — exploitent la capacité de l’édifice à recevoir de grands dispositifs scéniques.
Aujourd’hui, la gestion du monument associe conservation des structures antiques, contrôle de l’érosion et adaptation aux exigences de sécurité contemporaines. L’Arena constitue un cas d’étude majeur pour comprendre la continuité d’usage d’un amphithéâtre romain, depuis les spectacles impériaux jusqu’aux productions lyriques actuelles, dans un contexte urbain dynamique.