Le Museo della Sindone (Musée du Saint-Suaire) se trouve au cœur du Quadrilatère Romain, à environ dix minutes à pied de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Le musée occupe le rez-de-chaussée du bâtiment et, surtout, la crypte de l’Église du Très-Saint-Suaire, créant ainsi un environnement suggestif et recueilli.
Histoire
L’histoire du musée commence en 1936, lorsque la Confraternita del Santo Sudario (fondée en 1598) décide d’organiser une exposition permanente des nombreux documents et objets liés à la relique. Inauguré le 4 juin 1936 en présence du cardinal Maurilio Fossati, il est réaménagé et rouvert en 1998 dans sa configuration actuelle, dans la crypte baroque de l’église du SS. Sudario. Géré en lien étroit avec le Centro Internazionale di Studi sulla Sindone (CISS), le musée a pour vocation de diffuser la connaissance du Sacro Lino à travers des aspects historiques, scientifiques, dévotionnels et artistiques, en complément des rares ostensions publiques de la relique elle-même.
Parcours d’exposition
Le parcours d’exposition est riche et multidisciplinaire. Il présente des documents historiques, des livres anciens, des gravures, des photographies (dont les premières prises par Secondo Pia en 1898), des analyses microscopiques, des études médico-légales, des recherches sur les pollens, les traces de monnaies et les aspects iconographiques. Une place importante est réservée aux investigations scientifiques du XXe et XXIe siècles, notamment la découverte de l’image tridimensionnelle (par John Jackson, Eric Jumper et, indépendamment, Giovanni Tamburelli en 1978). On y trouve également une réplique grandeur nature de la Sindone, un hologramme qui met en évidence son caractère tridimensionnel, ainsi que des films et des panneaux explicatifs sur les différentes recherches effectuées depuis le XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Le ton est à la fois respectueux de la dimension de foi et rigoureux sur le plan scientifique.
Le Saint-Suaire
Histoire du Saint-Suaire Le Saint-Suaire de Turin est un grand linceul de lin (environ 4,41 m sur 1,13 m) qui porte l’image négative, en grandeur nature, d’un homme flagellé, couronné d’épines, crucifié et transpercé au côté, correspondant en tous points à la description évangélique de la Passion du Christ. Les premières mentions historiques certaines remontent au milieu du XIVe siècle : en 1353, le chevalier Geoffroy de Charny le présente dans l’église de Lirey (France). En 1453, la relique passe aux mains de la Maison de Savoie, qui la conserve d’abord à Chambéry. Elle arrive définitivement à Turin en 1578 sur décision du duc Emanuele Filiberto. Endommagée par un incendie en 1532 à Chambéry (qui laisse des traces de brûlures et d’eau), elle est conservée depuis lors avec le plus grand soin. En 1988, la datation au carbone 14 par trois laboratoires indépendants (Oxford, Tucson, Zurich) l’a placée entre 1260 et 1390, ce qui reste débattu par certains chercheurs. Aujourd’hui, le linceul est conservé dans une caisse climatisée dans la cathédrale de Turin et n’est visible du public qu’à l’occasion d’ostensions solennelles autorisées par le Pape (la dernière remonte à 2015). Pour beaucoup de croyants, il s’agit d’une icône puissante et d’une relique authentique ; pour les scientifiques, il demeure l’un des objets les plus étudiés et les plus mystérieux de l’histoire.
Le Museo della Sindone offre ainsi un complément indispensable à la visite de la Cappella del Guarini et de la cathédrale, permettant de mieux comprendre cette relique unique à travers l’histoire, la science et la dévotion.