L’ermitage Santa Caterina del Sasso (en italien Eremo di Santa Caterina del Sasso) est un site emblématique de Lombardie perché sur la rive orientale du lac Majeur, dans la commune de Leggiuno, province de Varèse.
On y accède par un escalier panoramique de 268 marches, par un ascenseur creusé dans la roche depuis le parking supérieur, ou encore par bateau via l’embarcadère privé.
Histoire
L’histoire de l’ermitage commence vers 1170. Un riche marchand d’Arolo nommé Alberto Besozzi survit miraculeusement à un naufrage sur le lac Majeur après avoir invoqué sainte Catherine d’Alexandrie. Reconnaissant, il se retire en ermite dans une grotte au pied du rocher Ballaro et y construit une première chapelle en 1195. Après sa mort en 1205, le site attire des pèlerins et se transforme progressivement en monastère. Au cours des siècles, il passe sous la tutelle de plusieurs ordres (dominicains, augustins, carmélites, puis bénédictins) et connaît des périodes de fermeture avant d’être restauré au XXe siècle. Classé monument national en 1914, il appartient aujourd’hui à la Province de Varèse et est géré par une communauté de moines oblats bénédictins.
Architecture
L’architecture de l’ermitage est remarquable : il est littéralement encastré dans une falaise à pic, à environ 16 mètres au-dessus des eaux du lac. L’ensemble roman du XIIIe-XIVe siècle comprend trois bâtiments principaux : le couvent méridional, le petit couvent et l’église. Un élégant portique Renaissance à quatre arches (début XVIe siècle) donne accès à un cloître et aux différentes chapelles regroupées en un sanctuaire unique. Le réfectoire au rez-de-chaussée, les cellules monastiques à l’étage et la salle capitulaire à double hauteur témoignent d’une architecture sobre et fonctionnelle, typique du gothique lombard tardif. Le clocher date du XIVe siècle et l’ensemble offre une vue spectaculaire sur le lac depuis chaque terrasse et fenêtre.
Décor intérieur
Les œuvres d’art sont particulièrement riches et couvrent plusieurs siècles. Les murs intérieurs et le portique sont ornés de fresques du XIVe au XIXe siècle, dont une célèbre Danse macabre dans le portique d’entrée. La salle capitulaire abrite des peintures du milieu du XIVe siècle représentant la crucifixion de sainte Catherine, saint Ambroise, saint Antoine et saint Éloi. L’église conserve un retable du maître-autel peint en 1612 par Giovanni Battista de Advocatis, ainsi que des fresques baroques dans la voûte de la nef. Enfin, dans la chapelle dédiée à saint Albert, on peut admirer la tombe du bienheureux Alberto Besozzi, fondateur du lieu, dont la présence renforce l’atmosphère spirituelle et historique du sanctuaire.