Commentaire culturel
A Jérusalem, la tradition situe la Cène (du latin cena, le repas du soir, et dans le vocabulaire chrétien le dernier repas du Christ avant Sa Passion, qui institue l’Eucharistie) au Cénacle, dans la maison où se réunissaient Jésus et les apôtres. Au Moyen Age, les artistes florentins se sont appropriés cette tradition et ont créé de grandioses décors représentant la Cène, dans des réfectoires monastiques qui prirent ainsi le nom de « cénacle » (cenacolo). La représentation de la Cène, bien adaptée à la fonction du lieu, offrait ainsi aux moines une méditation pendant leurs repas.
A Florence, cinq cénacles sont particulièrement connus, célèbres par la renommée de leur auteur et la qualité de la peinture : le cénacle de la Sainte-Croix (cenacolo di Santa Croce), le cénacle de Sainte-Apolline (cenacolo di sant’Apollonia), le cénacle de Foligno (cenacolo di Fuligno), le cénacle de Tous-les-Saints (cenacolo di Ognissanti) et, un peu à l’écart, le cénacle de Saint-Saulve (cenacolo di San Salvi).
Dans le cloître, aujourd’hui musée, attenant à l’église Saint-Michel de Saint-Saulve (San Michele in San Salvi), le cénacle de Saint-Saulve, ancien réfectoire du couvent, offre au visiteur une remarquable Cène, chef d’œuvre d’Andrea del Sarto réalisé a fresco vers 1520 et inspiré de celle exécutés par Vinci à Milan. La sérénité et l’intensité dramatique de cette scène sont soulignées par un éclairage et des couleurs dont l’harmonie adoucit les différentes réactions des apôtres à l’annonce de la trahison de l’un d’entre eux.
Le musée présente également des œuvres du Pontormo, d’Andrea del Sarto, de Rovezzano, de Ridolfo Ghirlandajo, de del Ceraiolo et de Gamberrucci.
Saint Saulve, protecteur des bestiaux ert des récoltes, est évêque d’Amiens à la fin du VI° s. ; il fit construire la première cathédrale de la ville et mourut martyr.