Histoire
L’église est dédiée à saint Maclou (saint Malo). Une chapelle existe dès le Xe siècle hors les murs ; la paroisse, peuplée de drapiers et teinturiers, est intégrée à la ville en 1253. L’église précédente s’effondre en 1432. La reconstruction actuelle commence en 1437 (plan attribué à Pierre Robin) et s’achève vers 1521. Endommagée en 1944, sa flèche et sa tour-lanterne ont été restaurées récemment.
L’aître (du latin atrium, cour devenue cimetière) naît après la peste noire de 1348, quand le cimetière près de l’église devient trop petit. Après une nouvelle épidémie au début du XVIe siècle, on construit de 1526 à 1533 trois galeries surmontées de combles pour servir d’ossuaire. C’est l’un des rares charniers à galeries encore debout en Europe. Les ossements ont été déplacés ; le lieu, classé dès 1862, a été restauré et accueille aujourd’hui la Galerie des Arts du feu. La cour reste un lieu de promenade.
Architecture
Saint-Maclou est un chef-d’œuvre du gothique flamboyant. Façade sans tours, à cinq porches en éventail sous une rosace, d’une dentelle de pierre très verticale. Tour-lanterne et flèche (environ 83 m). Nef, transept peu saillant, chœur développé avec déambulatoire et chapelles rayonnantes. Élévation classique : grandes arcades, triforium, claire-voie.
L’Aître est une cour quadrangulaire (environ 32 × 48 m) entourée de galeries à pans de bois et soubassement de pierre. Colonnes Renaissance, charpentes apparentes. Une quatrième galerie, au sud, date du XVIIe siècle (école et logement des prêtres). Le passage Géricault relie le site au quartier.
Décor intérieur et extérieur
Église : portes en bois sculptées de la Renaissance (célèbres). À l’intérieur : escalier flamboyant, buffet d’orgue Renaissance, arc de gloire, confessionnaux baroques du XVIIIe siècle.
Aître : décor macabre unique — têtes de mort, tibias, outils de fossoyeur, danses macabres sculptés sur les poutres et les colonnes (deux cortèges : clercs menés par le pape, laïcs menés par l’empereur). Les statues des colonnes ont été endommagées aux guerres de Religion. La cour pavée, calme, contraste avec la rue Martainville.
Les artistes qui les ont immortalisés
Pour l’église : le maître maçon Pierre Robin (plan), puis Oudin de Mantes, Simon Le Noir, Jean Chauvin, Ambroise Harel, Jacques Le Roux, etc. Les sculpteurs anonymes des portes Renaissance. Pour l’aître : Guillaume Rybert (galerie ouest) et les sculpteurs de la danse macabre. Le peintre Théodore Géricault, né à Rouen, a donné son nom au passage attenant. Le site, très photographié, est moins « série picturale » que la cathédrale, mais reste un motif majeur du Rouen flamboyant et macabre.
Horaires de visite
Église Saint-Maclou (entrée souvent libre) : horaires variables. La Ville indique fréquemment samedi et dimanche, 10 h – 12 h et 14 h – 17 h ; d’autres sources ajoutent certains jours de semaine. Fermée le 25 décembre et le 1er janvier.
Aître Saint-Maclou : la cour est en accès libre tous les jours de 9 h à 19 h (sauf 1er janvier, 1er mai, 25 décembre, parfois d’autres jours fériés). La Galerie des Arts du feu, à l’intérieur, a ses propres horaires (souvent mardi–dimanche, 10 h – 18 h). Vérifiez sur aitresaintmaclou.fr et rouen.fr.