Le village de Ramadi (arabe : الرمادي, al-Ramādī) s’étend sur la rive ouest du Nil, au sud d’Edfou, dans le gouvernorat d’Assouan.
Histoire
Le nom Ramadi (« cendré ») désigne une ancienne nahieh (circonscription) de Haute-Égypte, déjà recensée à la fin du XIXe siècle comme deux groupements de nag (hameaux) sur la rive gauche, alors rattachés au district d’Edfou et à la Nubie administrative. Comme tout le val du Nil au sud de Louxor, le village a vécu de la crue annuelle jusqu’au Haut Barrage : après 1970, l’irrigation permanente permet la canne à sucre, les cultures maraîchères et des maisons en dur. Il reste un village de passage pour les bateaux entre Edfou et Kom Ombo, plus qu’une étape touristique aménagée. Ne pas le confondre avec la ville irakienne de Ramadi, ni avec Pi-Ramsès du Delta.
Population
En 1899, Ramadi Bahari comptait environ 3 900 habitants (16 nag) et Ramadi Qibli près de 5 000 (23 nag). Aucun recensement villageois récent n’est publié à part ; le markaz d’Edfou dépasse les 500 000 habitants. Ramadi reste un bourg rural de quelques milliers de personnes, familles étendues, école de village, mosquée, et déplacements quotidiens vers Edfou pour le lycée et le marché. La langue est l’arabe de Haute-Égypte.
Style de vie traditionnel
Le rythme suit le Nil et la canne à sucre : récolte, tracteurs dans les champs, canaux d’irrigation pompés depuis le fleuve, lessive au drain, pêche à l’épervier. Les femmes épluchent l’ail sur le seuil ; les enfants jouent dans les ruelles de terre. Les maisons simples, parfois de brique crue enduite, s’alignent entre palmeraies et parcelles. Pain de four, thé, hospitalité de porte : la vie est encore largement agricole et familiale, avec électricité et téléphones, mais sans l’infrastructure touristique des villages nubiens d’Assouan.
Artisanat
L’université d’Assouan recense à Ramadi Ouest (secteur de Zinika) un artisanat de patrimoine encore vivant, surtout féminin :
- crochet à une aiguille : fichus, robes d’enfants, chaussettes, nappes, lanternes de ramadan, sacs ;
- palme et bois de palmier : cages à fruits et à oiseaux, lits, chaises, tables ;
- vannerie tressée (khous) : nattes de prière et de couchage, plateaux à pain, corbeilles à provisions, décors muraux ;
- plats colorés : lamelles de bois de palmier enroulées, recouvertes de laine et de fil cellophane, pour couvrir les plateaux ou orner les murs ;
- métier à tisser et recyclage de tissus : nattes, matelas ;
- macramé : lanternes, porte-fruits, pochettes ;
- cuir cousu à la machine : sacs et portefeuilles.
C’est un artisanat d’usage avant d’être un artisanat de souvenir : on le voit surtout dans les maisons et au marché d’Edfou.