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France

Route des Vins

La Route des vins d’Alsace n’a pas une seule porte d’entrée : elle relie Marlenheim (nord, près de Strasbourg) à Thann (sud, près de Mulhouse), sur environ 170 km, le long du piémont vosgien. Le cœur institutionnel du vignoble est à Colmar, souvent présentée comme capitale des vins d’Alsace. Site de référence : vinsalsace.com et visit.alsace.

Le site naturel

La route longe le versant oriental des Vosges, entre 170 et 550 m d’altitude. Les collines de grès, calcaire, granite, marne et, au sud, de roches volcaniques (Rangen de Thann) forment une mosaïque de sols. Les Vosges arrêtent les pluies d’ouest : le vignoble est l’un des plus secs de France, ensoleillé, venté. Vignes en coteaux, villages à colombages, forêts et châteaux se succèdent. Le tronçon le plus célèbre va d’Obernai à Colmar (Riquewihr, Ribeauvillé, Hunawihr, Kaysersberg, Eguisheim).

Histoire de la vinification

La vigne est attestée dès l’époque romaine ; dès le IXe siècle, les vignerons distinguent déjà des lieux-dits d’exception. Moines et seigneurs structurent le vignoble au Moyen Âge. L’Alsace exporte longtemps ses vins vers le Rhin et le nord de l’Europe. Guerres, phylloxéra et annexions ralentissent la modernisation. L’AOC Alsace naît en 1962 ; l’appellation Grand Cru en 1975 (51 lieux-dits classés jusqu’en 2007). La Route des vins, inaugurée le 30 mai 1953, est la plus ancienne route viticole de France. Aujourd’hui : environ 15 600 ha, une centaine de communes, des centaines de domaines, caves coopératives et négociants.

Les vins et les cépages

L’Alsace est d’abord un pays de vins blancs (près de 99 % de la production). Sept cépages dominent :

  • Riesling — sec, minéral, de garde
  • Gewurztraminer — aromatique, épicé, puissant
  • Pinot gris — ample, souvent généreux
  • Muscat — fruité, souvent sec en Alsace
  • Pinot blanc et Auxerrois — souples, de table
  • Sylvaner — vif, de plus en plus réhabilité
  • Pinot noir — seul rouge traditionnel, en essor

S’y ajoutent le crémant d’Alsace, les vendanges tardives et les sélections de grains nobles. L’étiquette porte en général le nom du cépage, plus souvent qu’un assemblage.

Les grands crus

51 Grands Crus (environ 4 à 5 % de la production) : rendements bas, vendange manuelle, quatre cépages « nobles » (riesling, gewurztraminer, pinot gris, muscat), sauf dérogations (sylvaner au Zotzenberg, pinot noir sur quelques crus). Parmi les plus cités :

  • Schlossberg (Kaysersberg / Kientzheim) — premier classé (1975), riesling de granite
  • Schoenenbourg (Riquewihr) — riesling de garde
  • Brand (Turckheim)
  • Rangen (Thann) — le plus méridional et pentu, sol volcanique
  • Eichberg (Eguisheim), Kessler (Guebwiller), Geisberg et Kirchberg (Ribeauvillé), Altenberg de Bergheim, Zinnkoepflé (Soultzmatt)

Grandes caves et domaines

Impossible de tout citer. Parmi les maisons historiques et domaines souvent recommandés : Hugel et Dopff à Riquewihr, Trimbach à Ribeauvillé, Domaine Weinbach (Faller) à Kaysersberg, Zind-Humbrecht à Turckheim, Marcel Deiss à Bergheim, Schlumberger à Guebwiller, Albert Mann, Ostertag, Josmeyer. Côté caves coopératives et négociants de volume : Wolfberger, Bestheim, Cave de Turckheim. La Confrérie Saint-Étienne (Kientzheim) et le musée du vignoble rappellent le lien entre histoire et dégustation. Les caveaux se visitent tout au long de la route ; mieux vaut réserver en haute saison et le week-end.

Infos pratiques

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