Neuf-Brisach se trouve dans le Haut-Rhin, en plaine d’Alsace, à quelques kilomètres du Rhin et face à Breisach-am-Rhein, en Allemagne.
Le site
Après le traité de Ryswick (1697), la France perd Brisach, sur la rive droite du Rhin. Louis XIV charge Vauban d’élever une ville neuve en rive gauche pour tenir la frontière. Le chantier démarre en 1698-1699 ; un canal amène le grès rose des Vosges. La place est bâtie en quelques années (noyau 1699-1703) ; Vauban meurt en 1707, Louis de Cormontaigne achève l’œuvre. Le nom, « nouveau Brisach », répond volontairement à la ville impériale d’en face. Inscrite en 2008 au patrimoine mondial de l’UNESCO avec onze autres sites Vauban, la cité est le seul exemple abouti du troisième système de l’ingénieur, et son projet urbain le plus complet.
Architecture urbaine
Ce n’est pas un château isolé, mais une ville entière dessinée d’un seul trait. Plan octogonal parfait, damier de 48 îlots, rues droites pour relier sans se gêner commandement, combat et vie civile. Au centre, la place d’Armes et sa fontaine organisent tout le reste. Quatre portes — Belfort, Strasbourg, Bâle, Colmar — portent le nom des villes vers lesquelles elles s’ouvrent ; leur dessin est attribué à Jules Hardouin-Mansart. L’église Saint-Louis, l’hôtel de ville et les bâtiments de garnison (la garnison ferme en 1992) composent un ensemble volontairement sobre, militaire autant que civil. La Seconde Guerre mondiale détruit une grande partie de l’habitat intérieur ; les fortifications, elles, tiennent.
Les fortifications de Vauban
L’enceinte principale, en étoile à huit branches, aligne huit bastions et des courtines. Autour : fossé sec très large, demi-lunes, contregardes et tenailles — la « zone de combat » du troisième système, plus complexe que les places antérieures. Le tout est conçu pour que chaque face soit flanquée par le feu des voisines. Vue du ciel, Neuf-Brisach est une étoile de pierre posée à plat sur la plaine : c’est ainsi qu’on comprend le site. Un circuit d’environ 2,4 km (1 h à 1 h 30) combine ville et tour des remparts ; des visites guidées, parfois costumées, détaillent le génie militaire. Le MAUSA Vauban (street art dans d’anciens locaux militaires) ajoute une lecture contemporaine aux murs du XVIIe siècle.