Commentaire culturel
Site charmant où l’on fait mémoire de la guérison du paralytique et de la naissance de Marie. Au niveau des ruines, on surplombe de profonds bassins reliés au Temple puis on arpente un sanctuaire aux eaux guérisseuses et on déambule dans l’église byzantine et la chapelle croisée enchevêtrées. À côté des ruines, la beauté et l’acoustique de l’église révèlent l’art sacré des croisés : une architecture à la beauté pure, conçue pour que la louange s’élève vers les Cieux. Beaucoup de groupes s’essaient au chant a capella. On appréciera des chapiteaux dont les décors en volutes rappellent les motifs celtiques présents dans l’art médiéval occidental. La restauration moderne de l’architecte Mauss a su respecter l’édifice. La crypte offre un espace de recueillement. En sortant, on remarque une inscription arabe sur le tympan situé au-dessus de la porte d’entrée. Elle a été écrite sous Saladin, le vainqueur des Croisés, qui a fait transformer l’église en madrasa ; c’est d’ailleurs ce qui y est inscrit.
Le joli jardin rafraichissant est en fait l’ancien cloître des croisés. Au centre trône le buste de Mgr Lavigerie, fondateur des pères blancs. Ce sont en effet les pères blancs qui ont la responsabilité du site qui appartient à la France depuis la guerre de Crimée : les Français avaient soutenu les Ottomans qui, en remerciement, avaient fait don du site.
Les bains du sanctuaire païen. Au Ier s. av. J.-C., on érigea un sanctuaire d’eaux guérisseuses : des bains furent aménagés dans les grottes naturelles. Le sanctuaire prit de l’ampleur à partir de 135 ap. J.-C., c’est-à-dire au moment où Hadrien détruisit Jérusalem et fonda sur ses ruines la cité païenne d’Aelia Capitolina.
Commentaire spirituel
À l’époque du Christ, les païens comme les juifs pouvaient venir en cure ici : les premiers reconnaissaient l’intervention d’une divinité païenne, les seconds d’un ange de Dieu. Si c’est à Sainte-Anne que Jésus a guéri le paralytique, alors il faut remarquer qu’il renouvelle la relation de l’homme malade au divin, telle qu’elle était pratiquée dans le sanctuaire : le paralytique ne parvient pas à entrer dans le bain ; c’est Jésus lui-même qui se substitue au traitement thermal.
Lorsque les croisés arrivent au XIIe s., la basilique byzantine est en ruine et les arches sont cachées par un remblai. Les croisés construisent une petite chapelle à la mémoire du paralytique au cœur des ruines puis, à côté, ils bâtissent une église dédiée à Marie en s’appuyant sur la tradition apocryphe situant ici la maison de la naissance de Marie. Alors que les évangiles sont muets au sujet des parents de Marie, le protévangile de Jacques les présentent : Anne et Joachim sont stériles et prient ardemment le Seigneur de leur donner un enfant. Ils sont exaucés avec la naissance de Marie. à l’âge de 3 ans, Marie est conduite au Temple pour y être consacrée. L’histoire n’est pas sans rappeler celle d’Anne et son fils Samuel dans l’Ancien Testament.
Références
Jn 5, 1-18 / Protévangile de Jacques, 1,1-6,1