Située sur la Piazza Venezia et incorporée au Palazzo Venezia, au cœur de Rome, l’église fondée en 336 par le pape Marc est l’église officielle des vénitiens à Rome depuis les années 1460. La basilique primitive a été reconstruite par le pape Grégoire IV en 833, puis plusieurs fois restaurée au cours des siècles : un clocher roman aux fenêtres à trois meneaux orné de disques verts anciens en 1154, à la Renaissance un porche à trois arcades surmonté d’une loggia sur la façade qui est attribuée à Léon Battista Alberti ou à Giuliano da Magliano, un atrium qui conserve des éléments médiévaux des XI° au XV° siècles, un des seuls plafonds en bois à caissons de Rome (avec la basilique Sainte-Marie-Majeure) datant du XV° s., un décor intérieur essentiellement baroque mais qui a conservé la belle mosaïque de l’abside du IX° s., des fresques du XV° s., la tombe de Léonard de Pesaro réalisée par Antonio Canova au XVIII°s. et une belle Adoration des Mages de Carlo Maratta (fin XVII°/XVIII° s.).
La basilique abrite le tombeau du pape saint Marc et les reliques de saint Marc l’évangéliste.
La mosaïque
La mosaïque byzantine réalisée à la reconstruction de l’église par le pape Grégoire IV, marque une période de transition entre l’antiquité tardive et le moyen âge.
Sur l’arc triomphal, le registre supérieur est composé de cinq médaillons : le Christ bénissant tenant les Écritures entouré des évangélistes représentés par leurs symboles : le taureau pour Luc, l’ange pour Matthieu, l’aigle pour Jean et le lion pour Marc. Sur le registre inférieur de l’arc, les apôtres Pierre et Paul montrent la scène de l’abside, vêtus de toges de philosophes rappelant les mosaïques paléochrétiennes.
De droite à gauche par rapport à la figure centrale du Christ :
- le pape Grégoire IV tenant son église entre les mains. Son nimbe rectangulaire montre qu’il est vivant et de dignité élevée au moment de l’exécution de la mosaïque.
- Parmi les quatre saints représentés, saint Marc l’évangéliste dont le bras protecteur enveloppe les épaules du pape Grégoire et le pape saint Marc.
- Le Christ, auréolé du chrisme, tient un livre sur lequel on peut lire « Ego sum lux, ego sum vita, ego sum resurrectio » (Je suis la lumière, je suis la vie, je suis la résurrection). Au-dessus de lui, la main bénissante de Dieu. Chaque personnage se tient sur un piédestal. Sur celui du Christ deux symbole Alpha et Omega, référence à Apocalypse 22 : 13 « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin ».
- Sous le trône, un pélican, un oiseau qui nourrit ses petits de sa chair. c’est l’un des symboles du Christ nourrissant les hommes de son corps et de son sang (symbole du sacrement de l’Eucharistie). L’oiseau est posé au-dessus d’une source d’où jaillissent quatre fleuves qui symbolisent les quatre fleuves du paradis, le Pishon (le Gange), le Gibon (le Nil), le Tigre et l’Euphrate.
- Au registre inférieur, l’agneau pascal auréolé du chrisme dressé sur une source d’où jaillissent les quatre fleuves qui irriguent le paradis.
- De part et d’autre, douze brebis qui représentent le peuple chrétien et en même temps les douze tribus d’Israël et les apôtres de l’Église nouvelle. Les deux cités représentées à l’extrémité du registre sont, à droite, Rome et à gauche, Jérusalem.