Commentaire culturel
Le mont Thabor émerge de la plaine tel un gigantesque « autel surélevé ». Une situation fascinante qui depuis la plus haute Antiquité a été perçue comme une manifestation spéciale du divin ; les Byzantins n’ont pas échappé à la règle en localisant ici la Transfiguration du Christ. Arborant des allures de citadelle, le Thabor a également été le théâtre d’affrontements entre musulmans et croisés.
Le texte biblique ne livre pas de détails topographiques qui faciliteraient la localisation de la Transfiguration : entre « la haute montagne » de Marc et Matthieu et « la montagne » de Luc, on se sent un peu démuni. Le peu de précision montre sans doute que l’emplacement était évident au lecteur de l’époque. Si l’on sait que la région est truffée de collines et qu’une seule montagne digne de ce nom s’y trouve, on parvient à une hypothèse recevable, celle du mont Hermon ; il culmine à 2814 m. Du haut de ses 565 m, le Thabor ne fait pas le poids… Aussi, les exégètes modernes ont-ils retenu le Mont Hermon.
Oui mais au IVe s., les byzantins ne se sont pas embarrassés de telles vérifications. Bluffés par l’impression de hauteur du Thabor et marqués par la vénération que les peuples lui vouaient depuis les temps anciens, ils n’ont pas hésité à en faire le cadre de la Transfiguration. Il serait malaisé de leur jeter la pierre tant le site est propice à la méditation de l’épisode et à la contemplation de la création : le Thabor donne des ailes et ce n’est pas l’amateur de jumping qui dira le contraire !
Commentaire spirituel
Les pèlerins affluent vaillamment vers le sommet pour commémorer la Transfiguration ; certains sont partis à pieds de Daburya (déformation de Déborah ?). Cet épisode de la vie du Christ est rendu dans les évangiles par le terme grec « métamorphose » qui signifie « changement de forme » : le Christ se révèle dans un resplendissement surnaturel à Pierre, Jacques et Jean tandis que Moïse et élie apparaissent autour de lui.
Références
Mt 17, 1-9 / Mc 9, 2-9 / Lc 9, 28-36