Histoire
La colline de la Garde est un poste d’observation depuis l’Antiquité ; aucun temple païen n’y est archéologiquement prouvé.
En 1214, maître Pierre, prêtre des Accoules, obtient de l’abbé de Saint-Victor le droit d’y bâtir une chapelle et un jardin. Une bulle de 1218 nomme déjà Notre-Dame de la Garde. Le site reste lié à Saint-Victor (prieur claustral). Au XVIe s., François Ier y implante un fort (1536, siège de Charles Quint) : la chapelle vit dans l’enceinte militaire.
Fermée au culte pendant la Révolution, la chapelle voit sa statue d’argent fondue en 1794 ; elle n’est rouverte qu’en 1807. Sous l’impulsion de Mgr de Mazenod, on décide alors d’élever une église monumentale. Le chantier est confié à Henri-Jacques Espérandieu, architecte protestant qui travaillera aussi à la Major. La première pierre est posée en 1853 et l’édifice, encore inachevé, est consacré le 5 juin 1864. Le clocher est achevé en 1866 ; la statue de la Vierge, œuvre d’Eugène Lequesne en cuivre doré réalisée par la maison Christofle, est hissée en 1870. Henri Révoil parachève le décor de mosaïques entre 1874 et 1891. Le pape élève le sanctuaire au rang de basilique mineure en 1879. Une restauration d’ensemble a lieu de 2001 à 2008, et le musée du sanctuaire ouvre en 2013.
Ex-votos
C’est l’un des plus grands ensembles votifs de Méditerranée. Dès 1425, un acte mentionne des images de cire. Les marins, d’abord reconnaissants à Notre-Dame-du-Mont, se tournent vers la Garde à partir de la fin du XVIe s. Millin, au début du XIXe s., décrit déjà un plafond de navires suspendus.
Aujourd’hui, les murs portent d’abord un registre de plaques de marbre, puis, au-dessus, des rangées de tableaux naïfs qui figurent naufrages, tempêtes, incendies, accidents, maladies et guerres. Des maquettes de bateaux et d’avions sont suspendues aux voûtes. Les ex-votos les plus anciens ont disparu à la Révolution ; la plupart de ceux que l’on voit datent d’après 1850, mais la pratique n’a jamais cessé. Les chapelles Saint-Roch (offrandes militaires), Sainte-Madeleine et Saint-Pierre en conservent un grand nombre. En 1816, la duchesse de Berry, échappée d’un naufrage, y dépose une statuette d’argent.
Légendes
La dévotion précède les récits. Il n’y a ni apparition, ni statue miraculeusement trouvée, ni saint fondateur : seulement un ermite et une vigie. La légende populaire en a fait la protectrice de tous les Marseillais — pas seulement des pêcheurs. On dit qu’elle « veille » : la statue tournée vers la mer, visible des navires. On lui attribue sauvetages, épidémies écartées, retours au port. Le surnom Bonne Mère est le vrai mythe : une maternité urbaine, familière, plus forte que l’histoire officielle. L’Assomption (15 août) reste le grand pèlerinage.
Architecture
Deux étages superposés sur le fort.
- Crypte (église basse) : romane, taillée dans le roc, sobre.
- Église haute : romano-byzantine, comme la Major — bandes de pierre claire et verte, coupoles, mosaïques Mora de Nîmes (tesselles de Venise, ~1 200 m², ~12 millions de carreaux), inspirées de Ravenne et de Rome. Restauration 2006–2008.
Clocher carré (~41 m) + campanile (~12,5 m) portant la Vierge à l’Enfant (~11 m). Portes de bronze. Terrasses : panorama sur le port, les îles, les calanques, la Major et le Mucem.
Jours et horaires hors offices
Sanctuaire ouvert tous les jours de 7h à 18h. Entrée libre. Les visites de l’intérieur s’interrompent pendant les messes.
Messes habituelles (à vérifier) : lun.–ven. 7h25, 9h, 16h30 ; sam. 7h25, 9h, 11h30 et 16h30 ; dim. 8h, 10h, 12h, 16h30 (basilique) et 9h, 11h (crypte).
Musée : environ 9h–17h (dernière entrée 17h). Restaurant du sanctuaire : 8h15–16h30. Tenue correcte ; c’est un lieu de culte, pas seulement un belvédère.