Histoire
En avril-mai 1883, Monet, 43 ans, quitte Poissy et s’installe au lieu-dit Le Pressoir, une ferme à crépi rose louée à Louis-Joseph Singeot. Il y vient avec ses deux fils, Jean et Michel, et avec Alice Hoschedé et ses six enfants (Marthe, Blanche, Suzanne, Jacques, Germaine, Jean-Pierre). Il achète la propriété en 1890. Il y reste 43 ans, jusqu’à sa mort le 5 décembre 1926. C’est là qu’il sort de la précarité, accueille Clemenceau, et peint les séries de meules, de peupliers, de la cathédrale de Rouen, puis les Nymphéas. Michel Monet lègue le domaine à l’Académie des beaux-arts en 1966. Restauré par Gérald Van der Kemp et le jardinier Gilbert Vahé à partir de 1977, le site ouvre au public le 1er juin 1980.
Monet traite la maison et le jardin comme une palette. Il garde le crépi rose, peint portes et volets d’un vert émeraude. Intérieur : salon bleu, salle à manger jaune chrome tapissée d’estampes japonaises, cuisine aux carreaux de faïence de Rouen bleu et blanc, cuivre et fourneau monumental. Au jardin, il refuse le jardin « à la française » figé : massifs mixtes, allée centrale de capucines et de roses, couleurs heurtées volontairement. De l’autre côté du chemin du Roy, il détourne un bras de l’Epte, creuse le bassin des nymphéas (1893) et fait construire le pont japonais (1895), sous les glycines. Jusqu’à sept jardiniers ; l’un d’eux essuie chaque matin les gouttes sur les nénuphars. Le jardin est, selon lui, « un tableau exécuté à même la nature ».
La maison résonne des huit enfants. Monet creuse et plante ; le soir, les enfants arrosent. Alice tient la maison, les marchés, la cuisine où arrivent les légumes du potager. Les amis de Paris (Renoir, Clemenceau, Cézanne parfois à l’auberge Baudy) débarquent. Après la mort d’Alice (1911) et celle de son fils Jean, Blanche Hoschedé-Monet, belle-fille et peintre, reste auprès de lui jusqu’à la fin ; sa chambre a été restituée. On visite le petit salon bleu, l’« épicerie », les chambres tapissées de damas, celle de Blanche.
Monet aménage d’abord un salon-atelier dans la maison (reconstitué), où il travaille jusqu’en 1899. Puis un second atelier dans la grange. Pendant la guerre, il fait bâtir le grand atelier des Nymphéas, vaste volume vitré pour les panneaux monumentaux aujourd’hui à l’Orangerie. C’est à Giverny qu’il peint sur le motif dès l’aube, revient aux mêmes motifs selon l’heure et la saison, et, la cataracte gagnant, poursuit les grandes décorations d’eau presque à l’aveugle. Le troisième atelier abrite aujourd’hui la boutique de la Fondation.
Horaires de visite
Horaires 2026 (Maison et jardins, Fondation Claude Monet) : ouvert tous les jours du 1er avril au 1er novembre, 10 h – 18 h, dernière entrée 17 h 30. Réservation en ligne fortement conseillée. Animaux interdits. Train Paris-Saint-Lazare → Vernon-Giverny, puis navette. Le Musée des impressionnismes est ouvert en saison, 10 h – 18 h (dernière entrée 17 h 30). Sites : fondation-monet.com et mdig.fr.
Restauration
Pour se restaurer : l’Ancien Hôtel Baudy (81, rue Claude-Monet), auberge des peintres américains et de Renoir, Sisley, Cézanne, avec jardin, atelier d’artiste et omelette « Madame Baudy » ; Oscar (Musée des impressionnismes), table de David Gallienne ouverte aussi hors saison ; Les Nymphéas, face à la Fondation ; plus gastronomique, Le Jardin des Plumes (1, rue du Milieu). Réserver en haute saison.