Commentaire culturel
Le château Saint-Ange fut successivement un mausolée impérial, une forteresse refuge face aux invasions, une prison de papes (quatre d’entre – eux y meurent) et cardinaux, un palais papal aux décors somptueux. C’est un lieu qui conserve la mémoire deux fois millénaire de l’histoire tourmentée de Rome et de l’Église. Depuis 1925, le château est devenu un musée national.
Le château fut construit entre 123 et 139 par l’empereur Hadrien comme mausolée impérial pour lui-même et sa famille. L’édifice circulaire, surmonté à l’origine d’un quadrige en bronze mené par l’empereur Hadrien, contenait les tombeaux impériaux et servait de monument funéraire. Après la mort d’Hadrien, il accueillit les dépouilles de la dynastie des Antonins jusqu’à Caracalla.
Il fait face au mausolée d’Auguste et au Champ de Mars situés sur la rive gauche.
Au VIe siècle, après la chute de l’Empire romain d’Occident, l’édifice fut transformé par les papes en forteresse militaire pour se protéger des invasions barbares et des menaces internes. Il devint ainsi un lieu stratégique, renforcé par des remparts et des tours. Au cours du Moyen Âge, il fut relié au Vatican par un passage couvert (le Passetto di Borgo), permettant aux papes de s’y réfugier en cas de danger.
Tout au long du Moyen Âge et de la Renaissance, le château servit de résidence papale et de prison. Les papes y résidaient parfois, notamment lors des périodes de troubles. Le château fut aussi le lieu de diverses affaires politiques, notamment la détention de prisonniers célèbres ( Giordano Bruno de 1593 à 1600, date de son exécution sur le Campo di Fiori, César Borgia en 1501 qui réussit à s’en évader, le pape Clément VII en 1527 lors du sac de Rome par les armées de Charles Quint, Ludovic le More, duc de Milan, en 1500 après sa défaite contre les français…).
Sa forme antique est conservée : une base carrée surmontée d’une rotonde massive surmontée d’une statue de bronze représentant l’archange saint Michel réalisée en 1753 par le sculpteur Raffaello Morghen symbole de la protection divine (l’archange aurait mis fin à une épidémie de peste à Rome).
Les appartements pontificaux et différentes salles du palais sont luxueusement décorés de magnifiques fresques des XV° et XVI° siècles où thèmes religieux, mythologiques et historiques se succèdent. Le musée abrite des œuvres d’art, des sculptures et des objets provenant de diverses époques de l’histoire de Rome.