Commentaire culturel
Plus ancien et plus grand hippodrome de Rome, le circus maximus (« le plus grand ») est la plus vaste enceinte sportive jamais construite.
Sa superficie, environ 12 ha, équivaut à 16 terrains de football. Ses dimensions ont fini par atteindre 600 m de longueur et 200 m de largeur. Sa capacité est estimée à 100 000 spectateurs (soit 10 % de la population de la ville).
Déjà au temps de Romulus, des jeux sacrés se seraient déroulés en ce lieu en l’honneur du dieu Consus et à l’époque des rois étrusques, les premiers jeux romains y furent célébrés, avec des divertissements publics dont des courses attelées ou montées. Ce qui sera le circus maximus n’est toutefois qu’un terrain dégagé avant que Tarquin l’Ancien ne fasse effectuer les premiers aménagements, en bois.
La fondation du cirque est ainsi traditionnellement fixée à 599 av. J.-C. et attribuée à Tarquin l’Ancien.
Du IV° au II° siècles av. J.-C., les premières constructions pérennes apparaissent et se développent.
Au I° siècle av. J.-C., Jules César fait réaménager le site. Le cirque est agrandi, les gradins sont dotés de fauteuils, une palissade est reconstruite pour la protection des spectateurs pendant les spectacles présentant des bêtes sauvages. Le cirque prend sa forme définitive.
Au I° siècle ap. J.-C., le cirque est restauré après plusieurs incendies et modernisé. L’empereur Auguste fait aménager la loge impériale (une autre sera créée plus tard pour le riche citoyen qui offre les jeux). Des tribunes en pierre sont bâties. En 64, le grand incendie de Rome se déclenche dans les boutiques attenantes ; l’empereur Néron fait reconstruire en marbre gradins et tribunes. Sous l’empereur Domitien, le cirque brûle à nouveau.
Au II° siècle, l’empereur Trajan fait restaurer, agrandir et embellir l’édifice. Le cirque, entièrement en pierre, atteint alors sa taille maximale.
Au IV° siècle, l’empereur Constantin I° le fait restaurer et embellir. En 354, Rome consacre 109 jours par an aux compétitions sportives dont 62 pour les courses de chars, avec 20 à 24 épreuves par jour.
L’édifice est le lieu privilégié des jeux du cirque, qui comprennent un défilé, de la voltige, des danses guerrières, des épreuves athlétiques, des combats de gladiateurs et d’animaux. Sous l’Empire, la création du Colisée entraîne, pour les jeux, le délaissement du cirque.
Au temps des persécutions, certains des premiers chrétiens subissent le martyre dans le cirque Maxime.
La course de chars doit faire sept tours de piste (7,5 kilomètres) ; quatre équipes de trois attelages s’affrontent. Le compte-tours a sept dauphins, chacun étant retourné à raison d’un par tour effectué.
Le cirque, situé sur la via Triumphalis, accueillait aussi les processions triomphales des généraux victorieux ou des empereurs.
L’arène a atteint une longueur de 568 mètres, la largeur variant de 75 à 84 mètres (un renflement, commun avec d’autres cirques, permettait à tous les chars de s’élancer).
Autour de la spina, d’abord canal d’écoulement puis fossé et enfin construction, longue et étroite, s’enroule la piste. Deux obélisques sont érigés sur la spina.
A une extrémité, douze stalles de départ sont disposées, le long d’une ligne courbe pour que chaque char ait la même distance à parcourir jusqu’à la ligne de départ. Au-dessus se trouve la loge du magistrat qui préside les jeux.
La dernière course a lieu en 549, qui marque le début de la ruine. Laissé à l’abandon, le cirque devient une carrière de matériaux. En 1588, l’obélisque de Constance II est érigé sur la place Saint-Jean-de-Latran ; en 1589, celui d’Auguste rejoint le centre de la plazza del Popolo. Ils s’y trouvent toujours.