Farès (فارس, aussi Fares ou Faris ; parfois « île de Farès ») est un village de la rive ouest du Nil, dans le markaz de Kom Ombo.
Histoire
Longtemps isolé entre le Nil et le désert occidental, Farès ne communiquait avec la rive est que par bac. Les services (hôpital, lycée, commerce) exigeaient la traversée. En décembre 2021, l’ouverture de l’axe Kalabsha (23 km, 1 milliard de livres) relie enfin le village à la route agricole est, à la route désertique ouest, à Wadi al-Nuqra et au parc solaire de Benban. L’initiative présidentielle Hayat Karima (« Vie digne ») y a ensuite concentré une trentaine de chantiers (égouts, eau, éclairage LED, logements, bureau de poste, unité sanitaire). Farès est devenu le premier « village vert » d’Égypte, labellisé avec Nahtai (Gharbeya) et Shama (Menoufia). Un quai et une promenade de 2 700 m² ont été aménagés sur le Nil. Le village compte aussi le mausolée du sultan Abd al-Salam ibn Mashish. Des forages pétroliers (champ d’Al-Baraka) ont aggravé, selon les habitants, les remontées d’eau souterraine.
Population
Les chiffres officiels récents tournent autour de 15 260 à 17 000 habitants, plus neuf hameaux rattachés. En 2020, le taux de pauvreté approchait 58 % et presque aucun foyer n’était branché au tout-à-l’égout ; les réseaux d’assainissement et d’électricité ont depuis été généralisés. La communauté est rurale, de Haute-Égypte, de langue arabe saïdi.
Style de vie traditionnel
Le quotidien reste celui d’un village nilotique : palmeraies, vergers, canaux, pain de four, thé, solidarités de famille. Avant 2021, le bac scandait la journée. Aujourd’hui on circule aussi à vélo sur la promenade, sous des auvents de jérid (côtes de palme). Les femmes exposent des travaux manuels au quai. L’électricité solaire et les LED ont changé les soirs, sans effacer le rythme agricole ni l’hospitalité de seuil.
Agriculture
Farès est présentée comme la plus grande productrice de mangues, de dattes et de doum du gouvernorat d’Assouan. La chaleur et l’eau du Nil font mûrir les fruits plus tôt qu’au nord. Variétés de mangues : Aweissi, Tymour, Seddeka, Zebda, Alphonse, Mabrouka, Dabsha, hindi royal et manshawi, plus des cultivars importés (Tommy, Heidi, Naomi, Yasmina, Keitt, Kent). On cueille souvent encore vert pour supporter le transport vers Le Caire. S’y ajoutent karkadé (hibiscus), légumes et fruits divers, fertilisation plutôt organique, fort taux d’arbres. Le lining des canaux a amélioré l’irrigation.
Artisanat
L’artisanat est celui du palmier et du marché villageois : vannerie en jérid (auvents, corbeilles, nattes), produits « environnementaux » exposés sur le nouveau quai, éventuellement dattes et karkadé transformés. Ce n’est pas un village-atelier comme Gharb Seheil : la spécialité visible reste le verger. Les pièces vendues aux visiteurs du môle sont d’usage local plus que de souvenir touristique.