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France > Rouen

Place du Vieux-Marché

Histoire et événements majeurs

La place doit son nom au marché qui s’y tient depuis le Moyen Âge. Plus petite qu’aujourd’hui, elle abritait alors les églises Saint-Sauveur et Saint-Michel, une grande halle et le lieu habituel des exécutions. Le 30 mai 1431, en pleine guerre de Cent Ans, Jeanne d’Arc y est brûlée vive. Une grande croix marque aujourd’hui l’emplacement du bûcher ; le pilori et le mur pare-feu ont été retrouvés lors des fouilles des années 1970. L’église Saint-Sauveur, où Pierre Corneille fut baptisé, est détruite sous la Révolution ; ses fondations restent visibles. Au XIXe siècle, de grandes halles de type Baltard occupent la place. Dans les années 1970, le marché de gros part au MIN, les halles métalliques sont démolies et l’architecte Louis Arretche réaménage l’ensemble autour d’une église moderne dédiée à Jeanne d’Arc, inaugurée en 1979. Aujourd’hui, un marché alimentaire se tient encore sous les halles attenantes à l’église. Chaque année, des commémorations rappellent le 30 mai 1431 ; la place reste un lieu vivant, bordé de restaurants et de terrasses.

Architecture

L’espace actuel est le fruit du réaménagement des années 1970 : une place ouverte qui mêle mémoire médiévale et modernité. Au centre, l’église Sainte-Jeanne-d’Arc (1979, Louis Arretche) impose une silhouette contemporaine en courbes de béton, bois et métal, souvent comparée à un drakkar ou à un poisson. Elle prolonge de petites halles à charpente en épis, couvertes d’ardoises, qui évoquent les vagues. Autour, des maisons à pans de bois et à encorbellement forment un décor « médiéval » : certaines façades sont authentiques, d’autres ont été remontées ici après-guerre. Le contraste entre l’église moderne et les colombages est volontaire et reste discuté.

Les bâtiments qui la bordent

  • Église Sainte-Jeanne-d’Arc : église-mémorial qui intègre 13 vitraux Renaissance (vers 1520-1530) sauvés de l’église Saint-Vincent, détruite en 1944.
  • Halles du marché, dans le prolongement de l’église.
  • Croix de Jeanne d’Arc et statue de Jeanne par Maxime Real del Sarte.
  • Maisons à colombages, dont l’hôtel Turgot (n° 8).
  • La Couronne, auberge qui se présente comme l’une des plus anciennes de France (ouverte selon la tradition en 1345).
  • À deux pas, rue de la Pie, la maison natale de Pierre Corneille (musée).
  • Vestiges dégagés de l’ancienne église Saint-Sauveur, au sud de l’église actuelle.

La place de la Pucelle, toute proche, complète le parcours Jeanne d’Arc.

Les artistes qui l’ont immortalisée

Camille Pissarro est le peintre le plus associé aux scènes de marché rouennais. Lors de ses séjours (1883, puis 1896-1898), il peint plusieurs vues animées du vieux marché et des rues adjacentes (dont The Old Market at Rouen et des vues de la rue de l’Épicerie un jour de marché). Il voyait Rouen « aussi belle que Venise ». D’autres artistes et graveurs ont représenté la place au fil des siècles (vues anciennes, dessins de Gomboust au XVIIe siècle). Moins « série » que la façade de la cathédrale par Monet, la place doit surtout sa célébrité visuelle à son rôle historique et à son mélange d’architectures, très photographié.

Infos pratiques

Centre historique 76000 Rouen, Normandie, France
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