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France > Arles

Cathédrale Saint-Trophime

Histoire

La basilique primatiale Saint-Trophime, classée monument historique (1840) et inscrite à l’UNESCO (1981), s’élève sur une basilique du Ve siècle dédiée à saint Étienne, elle-même héritière du premier groupe épiscopal de l’Hauture. Le vocable Saint-Trophime s’impose au XIIe siècle, surtout après la translation des reliques du premier évêque, le 29 septembre 1152, des Alyscamps vers la crypte (disparue). Nef romane vers 1150–1180, clocher de 42 m, chœur gothique de 1445–1465. En 1178, Frédéric Barberousse y est couronné roi d’Arles ; Charles IV en 1365. Le concile carolingien de 813 s’y tient sous l’archevêque Jean II, sur ordre de Charlemagne. Les grands synodes du IVe–VIe siècle (314, 353, Hilaire, Césaire) n’ont pas eu lieu dans cet édifice, alors inexistant : ils appartiennent à l’Église d’Arles plus ancienne. Des conciles médiévaux (Paix de Dieu 1037–1041, XIIIe s.) y trouvent ensuite un cadre naturel.

Architecture et décor

Le portail occidental (vers 1180) imite un arc de triomphe antique. Le tympan montre le Christ en gloire et le Jugement dernier ; le linteau, les élus et les damnés ; les ébrasements, apôtres et saints, dont Trophime et Étienne. Frises d’acanthe, rinceaux et bestiaire relient l’art roman à la sculpture des sarcophages paléochrétiens. À l’intérieur : nef haute de cinq travées en berceau brisé, bas-côtés étroits, coupole à la croisée. Le cloître (XIIe–XIVe s.) mêle galerie romane historiée et ailes gothiques. Dans l’église : trois sarcophages du IVe–Ve siècle (fonts baptismaux au nord ; traversée de la mer Rouge ; sarcophage de Paulus Geminius, chapelain du Saint-Sépulcre), tombeau de l’archevêque Gaspard du Laurens (1677). Les reliques de saint Trophime et le souvenir du sang de saint Étienne fondent le double patronage. L’église reste le point de départ du chemin d’Arles vers Compostelle.

Le cloître

Le cloître Saint-Trophime est l’un des plus beaux cloîtres de Provence, inscrit à l’UNESCO avec l’église. L’accès se fait à côté de la basilique, place de la République.

Bâti pour les chanoines aux XIIe et XIVe siècles, il mêle deux époques. Les galeries nord et est sont romanes : chapiteaux historiés, apôtres, Vie du Christ, cycle de saint Trophime (bénédiction des Alyscamps, miracles). Les galeries sud et ouest sont gothiques, plus tardives, à scènes bibliques et feuillages. La cour intérieure, le clocher roman en fond et la pierre claire font du lieu un condensé de l’art provençal, encore tout proche de l’antique.

Le premier concile d’Arles (1er août 314)

Un an après l’édit de Milan, Constantin convoque à Arles le premier grand concile d’Occident, après le synode de Rome de 313. Marin, évêque d’Arles, préside. Une trentaine d’évêques et des clercs viennent de Gaule, d’Italie, d’Espagne, d’Afrique, de Germanie et de Bretagne (Eborius d’York, Restitutus de Londres, Adelfius). Le dossier est le schisme donatiste : validité de l’élection de Cécilien de Carthage et sort des traditores qui avaient livré les Écritures sous Dioclétien. Le concile confirme Rome : Cécilien est reconnu, Donat rejeté. Vingt-deux canons suivent : Pâques le même jour dans tout l’Empire ; interdiction aux clercs de quitter leur siège ; validité des actes des traditores déposés ; pas de re-baptême des hérétiques ; discipline des courses, jeux et théâtre ; service militaire ; ordination par trois évêques au moins. Le pape Sylvestre n’est pas présent ; les pères lui écrivent pour lui notifier les décisions. Le lieu exact des séances reste inconnu — édifice public ou premier lieu de culte. Le concile n’éteint pas le donatisme, mais il fixe une législation occidentale et préfigure Nicée (325).

Infos pratiques

Place de la République 13200 Arles, Provence, France
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