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France > La Roche-Maurice

Enclos paroissial de la Roche-Maurice

Histoire

L’enclos s’élève à l’emplacement d’une chapelle castrale mentionnée dès 1363 (testament d’Hervé de Léon). La Roche-Maurice était alors une trève de Ploudiry. L’église actuelle, dédiée à saint Yves, patron des juges et des avocats, est bâtie aux XVIe et XVIIe siècles grâce à la prospérité toilière du Léon et à l’appui des Rohan, seigneurs du lieu. La maîtresse-vitre porte la date 1539 ; le portail sud vers 1550 ; le clocher 1589. Le calvaire d’entrée date d’environ 1572 ; l’ossuaire, ancienne chapelle Sainte-Anne, de 1639-1640. En 1791, l’église devient paroissiale. L’église et l’ossuaire sont classés Monuments historiques en 1916.

Architecture, monuments et décors

L’enclos typique réunit église, ossuaire, calvaire, cimetière et enceinte. Il n’a pas de porte triomphale : l’entrée sud se fait par un échalier portant les trois croix du Christ et des deux larrons (costumes Henri II).

L’église Saint-Yves mêle gothique et Renaissance léonarde. Le clocher d’environ 60 m, à double galerie et double chambre de cloches, est l’un des plus beaux du Léon. Le portail sud (portes jumelées, arcade flamboyante) accueille les douze apôtres en niches. À la base du clocher : statues de saint Yves, saint Pascal Baylon et saint Vincent Ferrier.

À l’intérieur, trois chefs-d’œuvre :

  • le jubé en chêne polychrome (vers 1570-1580), l’un des derniers de France : claire-voie, grotesques, lions, monstres, galerie d’apôtres et de saints, poutre de gloire (Christ, Vierge, saint Jean) ;
  • les sablières sculptées : scènes religieuses et profanes (labours, enterrement, jeux, attelages, figures burlesques) ;
  • la maîtresse-vitre de la Passion (1539, Laurent Le Sodec, Quimper), environ 21 m² (2e de Bretagne) : vingt et un tableaux de l’entrée à Jérusalem à la Résurrection, armes des Rohan, influence flamande.

Autels, statues (saint Yves entre le riche et le pauvre, Notre-Dame de Bon-Secours) complètent le décor.

Le calvaire de l’enclos de La Roche-Maurice se dresse à l’entrée sud, sur le large échalier qui tient lieu de porte monumentale (le terrain n’a pas permis d’arc de triomphe). Il date d’environ 1572 et mesure près de 7 mètres. Il se compose de trois croix : au centre le Christ ; de part et d’autre le Bon Larron et le Mauvais Larron, représentés en costume d’époque Henri II. Le mauvais larron est parfois montré comme pendu à une potence, selon un type que l’on retrouve aussi à Pencran et à Saint-Divy. Un ange figure parmi les sculptures.

Plus modeste que les grands calvaires du Léon, il n’en reste pas moins l’accès solennel de l’enclos : on passe sous le Golgotha pour entrer dans l’espace sacré, face à l’église Saint-Yves et à l’ossuaire.

L’ossuaire (1639-1640) est un fleuron de la Renaissance léonarde : colonnes corinthiennes, baies, frontons. Inscriptions : « Rappelle-toi mon jugement ; tel aussi sera le tien. À mon tour aujourd’hui, à ton tour demain » (1639) et « Souviens-toi, homme, que tu n’es que poussière » (1640). Au-dessus du bénitier, l’Ankou brandit un dard : « Je vous tue tous ». Des figures de toutes conditions rappellent les danses macabres.

Jours et horaires d’ouverture (hors offices)

L’enclos extérieur (calvaire, façades, cimetière) est accessible toute l’année. L’ossuaire est le plus souvent fermé, sauf visites exceptionnelles.

L’église se visite surtout l’été, avec les guides de la SPREV (gratuit) : en général lundi, mardi, mercredi et vendredi, 10 h 30-12 h 30 et 14 h 30-18 h, et dimanche 14 h 30-18 h (pas le samedi ; dates exactes variables chaque été). Hors saison, visites guidées sur réservation auprès de l’APEVE (souvent plusieurs semaines à l’avance). Renseignements à la mairie.

Infos pratiques

Place de l’Église 29800 La Roche-Maurice, Bretagne, France
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