Commentaire culturel
Indépendante jusqu’au XIII° s., réputée fondée par Charlemagne à la suite d’un songe qui lui révéla comment soigner les malades de son armée, mentionnée pour la première fois en 813 dans un acte de son fils Louis le Pieux, bénéficiant des largesses impériales, l’abbaye Saint-Anthime étendait sa juridiction sur neuf monastères, quarante-six églises et dix-sept châteaux, moulins et fermes vers l’an 1000 ; elle connait son apogée au XII° s. et c’est à cette époque qu’est construite l’église actuelle, dans un style inspiré du cistercien bourguignon ; son campanile à base carrée contraste avec les lignes courbes de l’abbatiale.
La nef, très dépouillée, a cependant des piliers surmontés de très beaux chapitaux qui contribuent à la renommée de l’abbaye. Le déambulatoire à chapelles rayonnantes est décoré de fresques du XIV° au XVII° s.
En 1462, l’abbaye est supprimée par le pape Pie II qui soutient les ambitions territoriales de Sienne. L’abbaye tombe à l’abandon.
Les bâtiments conventuels disparaissent mais les moines nous ont laissé un bel exemple d’architecture romane en Toscane, dont l’abbatiale est aujourd’hui considérée comme une des plus belles églises médiévales d’Italie.
Solitaire et très évocateur, l’endroit est aujourd’hui confié à l’ordre des Prémontrés (chanoines réguliers de saint Augustin), fondé en France au XII° s. à Prémontré (Aisne) par saint Norbert.