Le château de Caen occupe l’éperon calcaire au cœur de la ville.Pavillon d’accueil près de la rue de Geôle.
Histoire
Vers 1060, Guillaume, encore « le Bâtard » pour ses ennemis, ceint l’éperon et en fait sa capitale de Basse-Normandie, à portée du Cotentin. L’anecdote fondatrice de Caen n’est pas seulement militaire : son mariage avec Mathilde de Flandre, célébré vers 1050-1052 à Eu malgré l’interdit du pape Léon IX (cousinage au cinquième degré), n’est absous qu’au prix d’une pénitence : fonder deux monastères et des hôpitaux. Naissent ainsi l’Abbaye aux Hommes (Saint-Étienne) et l’Abbaye aux Dames (Trinité). Château au centre, abbayes aux deux bouts du bourg : la ville est littéralement créée par le couple. Mathilde gouverne la Normandie quand Guillaume part en 1066 ; elle est couronnée reine à Westminster en 1068. Ils tiendront parole jusqu’à la tombe : Guillaume est inhumé à Saint-Étienne, Mathilde à la Trinité. Une statue équestre du couple se dresse depuis 2022 au pied du château. Henri Ier Beauclerc, leur fils, ajoute donjon et salle de l’Échiquier ; à Noël 1182, plus de mille chevaliers s’y pressent autour d’Henri II, de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre. Philippe Auguste reprend la place en 1204. Le donjon saute à la Révolution ; 1944 achève les casernes. La Ville rachète le site en 1956.
Vestiges
Subsistent l’enceinte parmi les plus vastes d’Europe, les fondations du Vieux Palais de Guillaume, la salle de l’Échiquier restaurée, les bases du donjon, l’église Saint-Georges, portes et tours.
Les musées
Le musée de Normandie
Le Musée de Normandie, installé dans le Logis des Gouverneurs, est un musée d’histoire et de société. Il raconte comment on a vécu ici, de la Préhistoire aux débuts de l’industrie : premiers feux et premiers monuments, Gaulois et Romains, royaumes francs et raids, formation du duché, puis campagne, artisanat, costumes, coutumes. Les collections sont surtout archéologiques et ethnographiques : céramiques (grès du Bessin, du Cotentin, terres du Pays d’Auge), outils, monnaies (fonds des Antiquaires de Normandie), habitat rural, arts populaires. Les expositions temporaires se tiennent dans les Salles du Rempart, au milieu des vestiges.
Le Musée des Beaux-Arts
Le Musée des Beaux-Arts, bâtiment contemporain dans l’enceinte, est l’une des plus riches collections de peinture européenne des XVIe et XVIIe siècles en région qui expose de nombreux chefs-d’œuvre dont Le Mariage de la Vierge du Pérugin (vers 1504), Vierge à l’Enfant de Rogier van der Weyden, Saint Jérôme du Pérugin, Tentation de saint Antoine et Judith de Véronèse, Descente de Croix du Tintoret, Abraham et Melchisédech de Rubens, Vénus pleurant Adonis de Poussin, L’Homme à la figue de Vouet.
On y admire aussi des oeuvres des artistes suivants : Brueghel le Jeune, Jordaens, Seghers. XVIIIe : Boucher, Rigaud, Tiepolo. XIXe : Courbet, Delacroix, Géricault, Corot, Boudin, Monet. XXe : Bonnard, Dufy, cubisme (Gleizes, Metzinger). Le cabinet d’estampes (fonds Mancel, plus de 50 000 feuilles) conserve Dürer, Rembrandt, Callot.
Dehors, le parc de sculptures (Huang Yong Ping, Rodin en dépôt, Plensa, Morellet) prolonge la visite dans les fossés.