Site naturel
Morlaix occupe le fond d’une ria, là où le Queffleuth et le Jarlot se rejoignent pour former la rivière de Morlaix, ouverte sur la baie. La ville est coincée entre trois collines : le centre bas, autrefois inondable, contraste avec les hauteurs de Saint-Martin, Saint-Mélaine et Saint-Mathieu. Venelles, escaliers et kombots (jardins en terrasse) épousent la pente. Le port relie encore la cité à la mer ; en amont, une partie du lit a été recouverte. Le viaduc ferroviaire (1861-1863) barre le ciel à 62 m de haut.
Histoire
Port du Léon, Morlaix s’enrichit au XVe-XVIIe siècle grâce aux toiles de lin exportées vers l’Angleterre et l’Espagne. Les marchands bâtissent les maisons à pondalez, uniques au monde. La ville fortifiée (remparts encore visibles) subit sièges et raids anglais. Au XVIIIe siècle, la Manufacture des Tabacs (1736) devient un grand employeur. Le chemin de fer et le viaduc transforment le paysage au XIXe siècle. Aujourd’hui préfecture d’arrondissement, Morlaix reste le cœur de la baie.
Architecture et urbanisme : découverte à pied
Le meilleur de Morlaix se marche. Partez de la place des Otages, sous le viaduc : mairie, cafés, petit train touristique.
Grimpez la Grand’Rue et la rue du Mur : plus de 150 maisons à pans de bois (XVe-XVIIIe s.). Deux maisons à pondalez se visitent : 9 Grand’Rue (escalier à vis, lanterne centrale, musée) et la maison dite de la Duchesse Anne (33 rue du Mur). Place Allende, place de Viarmes, rue Ange-de-Guernisac : façades en encorbellement, venelles, lavoirs.
Passez sous le viaduc, montez vers Saint-Mélaine, redescendez vers le port et l’ancienne Manufacture (pôle culturel). Comptez 1 h 30 pour le cœur de ville, 2 h 30 si vous ajoutez les trois collines. Le regard se porte toujours vers le haut : clochers, jardins suspendus, arches du viaduc.
Les maisons à pondalez
Une maison à pondalez (du breton pondalez, « pont-galerie ») est un type de maison à pans de bois propre à Morlaix, apparu à la fin du XVe et au XVIe siècle chez les marchands enrichis par le commerce du lin.
Elle s’organise autour d’une cour intérieure couverte, appelée lanterne : un grand volume vertical éclairé par le haut. Un escalier à vis en bois, souvent monumental, dessert les étages par des galeries (les pondalez) qui font le tour de cette cour. Une immense cheminée de granite chauffe l’ensemble.
On n’en trouve nulle part ailleurs sous cette forme.
L’église Sainte-Mélaine
Au pied du viaduc, l’église gothique flamboyant est issue d’un prieuré donné au XIIe siècle à l’abbaye Saint-Melaine de Rennes. Reconstruction à partir de 1489 par les Beaumanoir (porche sud, nef, chevet) ; tour achevée en 1574 (flèche refaite au XIXe s.).
Intérieur lumineux : piliers ronds, voûtes, plafond bleu étoilé, sablières sculptées, statuaire du XVe au XIXe siècle, orgue Dallam, vitraux restaurés. Accès par un escalier depuis la place des Otages. Ouverture habituelle : environ 9 h-18 h en semaine, un peu plus restreinte le week-end, hors offices. Entrée libre.