Histoire
Un lieu de culte chrétien existe ici depuis la fin de l’Antiquité. Une basilique du IVe siècle a précédé une cathédrale carolingienne, puis un édifice roman commencé vers 1020-1030 et consacré en 1063 en présence de Guillaume le Conquérant. La reconstruction gothique débute vers 1145. Un incendie en 1200 accélère les travaux. Le chantier s’étale ensuite sur plusieurs siècles : nef et chœur au XIIIe, décor rayonnant au XIVe, tours et portails flamboyants aux XVe-XVIe siècles. La flèche actuelle, en fonte, date de 1825-1876, après qu’un incendie provoqué par la foudre en 1822 eut détruit la précédente. Bombardée en 1944, la cathédrale a été longuement restaurée. Elle reste le siège de l’archevêque de Rouen, primat de Normandie, et porte donc le titre de primatiale. Dans le déambulatoire reposent notamment Rollon, fondateur du duché de Normandie, et le cœur de Richard Cœur de Lion.
Architecture
C’est un résumé de l’évolution du gothique, du primitif au flamboyant, avec une pointe néogothique au XIXe siècle. L’édifice mesure environ 144 m de long. Sa façade occidentale, large de 61,60 m, est la plus large de France et volontairement asymétrique. Au nord, la tour Saint-Romain (XIIe siècle, premier gothique) est la plus ancienne. Au sud, la tour de Beurre (fin XVe-début XVIe, gothique flamboyant) doit son nom aux dispenses de Carême qui auraient financé sa construction. Au-dessus de la croisée s’élève la tour-lanterne, surmontée de la flèche en fonte de 151 m : la plus haute de France. Pendant quelques années après 1876, ce fut même le plus haut bâtiment du monde. La crypte romane, conservée sous le chœur, est un des rares vestiges de l’édifice du XIe siècle.
Décor extérieur et intérieur
À l’extérieur, la façade occidentale est une véritable dentelle de pierre : trois portails (Saint-Jean et Saint-Étienne aux XIIe-XIIIe siècles, portail central plus tardif), rosace, et des dizaines de statues dans des niches empilées. Les portails du transept (des Libraires au nord, de la Calende au sud) sont également très sculptés. À l’intérieur, la nef gothique, le déambulatoire, les chapelles latérales et la chapelle de la Vierge offrent un décor riche : vitraux (certains du XIIIe siècle), tombeaux des ducs de Normandie, stalles, et un grand orgue restauré récemment. La voûte de la tour-lanterne, à 54 m au-dessus du sol, impressionne. La crypte, le baptistère et la chapelle de la Vierge ne se visitent en général que lors des visites commentées.
Les artistes qui l’ont immortalisée
Claude Monet est le plus célèbre. Entre 1892 et 1894, depuis des fenêtres en face de la façade (notamment le Bureau des Finances, aujourd’hui office de tourisme), il peint une série d’une trentaine de toiles de la cathédrale selon l’heure et la lumière. Cette série est devenue l’un des sommets de l’impressionnisme. D’autres artistes ont aussi représenté l’édifice, et des écrivains comme Gustave Flaubert l’ont évoquée (il jugeait d’ailleurs la flèche de fonte « le rêve d’un chaudronnier en délire »). Aujourd’hui encore, le spectacle estival « Cathédrale de lumière » projette chaque soir des images sur la façade.
Horaires de visite
L’entrée est libre et gratuite. Selon le site officiel de la cathédrale, les horaires habituels sont :
- Lundi : 14 h – 19 h
- Mardi au samedi : 9 h – 19 h
- Dimanche et jours de fête : 8 h – 18 h
- Jours fériés hors dimanche : 9 h – 18 h
Des variations saisonnières existent (fermeture plus tôt en hiver, parfois pause le midi). Les visites peuvent être interrompues pendant les offices. Des visites commentées (en français, sans réservation) ont lieu le samedi et le dimanche à 14 h 30 ; elles donnent accès à la crypte, au baptistère et à la chapelle de la Vierge. Pour les groupes, une réservation est nécessaire. L’accès PMR se fait par le portail des Maçons, rue du Change.
Il est prudent de vérifier les horaires du jour sur cathedrale-rouen.net, car ils changent selon la saison, les fêtes et les célébrations.