Histoire de l’abbaye
Fondée en 1118 par saint Bernard de Clairvaux, c’est aujourd’hui la plus ancienne abbaye cistercienne conservée dans son ensemble. Les moines y vivent selon la Règle de saint Benoît, loin des villes, en cultivant, forgeant et priant. L’abbaye prospère aux XIIe et XIIIe siècles (forge hydraulique, domaine agricole), décline à la fin du Moyen Âge et est vendue à la Révolution. Depuis 1820, elle appartient à la même famille, qui l’ouvre au public. Classée monument historique en 1862, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981.
Architecture cistercienne
L’architecture incarne l’idéal de l’ordre : dépouillement, lumière, pierre claire, absence de clocher élevé et de sculptures narratives. L’église abbatiale (vers 1130-1147) a une nef de huit travées, un transept et un chœur plat à chapelles alignées. Le cloître, la salle capitulaire, le dortoir, le scriptorium, le chauffoir, le réfectoire (détruit au XVIIIe siècle) et la forge composent un plan type. Le jardin et le canal prolongent le rapport à l’eau et à la nature. La visite comprend les bâtiments conventuels, les jardins et le musée lapidaire.
Jours et horaires de visite
Ouverte toute l’année. Du 3 avril au 1er novembre : tous les jours de 10 h à 18 h (visite libre ou guidée ; visites guidées en français sans réservation à 10 h, 11 h, 12 h, 13 h 45, 14 h 45 et 16 h). Le reste de l’année : 10 h-12 h et 14 h-17 h, visite libre ou guidée privative sur réservation. Site : abbayedefontenay.com.
Naissance de l’ordre cistercien
En 1098, Robert de Molesme quitte l’abbaye de Molesme, jugée trop relâchée, et fonde avec une vingtaine de compagnons le « Nouveau Monastère » à Cîteaux, dans les marais près de Dijon. Le but est un retour strict à la Règle de saint Benoît : pauvreté, travail manuel, silence, liturgie simple, éloignement du monde. Robert est rappelé à Molesme ; Albéric puis Étienne Harding consolident la fondation. Harding donne à l’ordre sa constitution : la Charte de charité, qui lie les maisons par des visites et un chapitre général, sans les centraliser à la manière de Cluny.
Bernard de Clairvaux et l’expansion
Vers 1112-1113, Bernard de Fontaine entre à Cîteaux avec une trentaine de parents et d’amis. L’afflux de vocations permet les premières « filles » : La Ferté (1113), Pontigny (1114), Clairvaux et Morimond (1115). Bernard, abbé de Clairvaux, devient le visage de l’ordre : prédicateur, conseiller de papes et de rois, artisan de la deuxième croisade, adversaire d’Abélard. De Clairvaux naît le plus grand rameau (plus de trois cents maisons). Au XIIIe siècle, on compte des centaines d’abbayes d’hommes et de femmes, de l’Écosse à la Terre sainte.
Rayonnement, crise et renouveau
Les cisterciens transforment les campagnes par le défrichement, l’hydraulique, la métallurgie et la vigne — le Clos de Vougeot est cistercien. Aux siècles suivants viennent relâchements, commendes et guerres. La Révolution ferme presque toutes les maisons françaises. Au XIXe siècle, l’ordre renaît, notamment avec les trappistes (branche de la stricte observance, issue de La Trappe). Cîteaux est aujourd’hui à nouveau habité. Fontenay, vidée de ses moines, reste le témoin le plus intact de l’architecture des origines.