Commentaire culturel
Construite sur l’île Tibérine à la fin du X° siècle sur les vestiges d’un temple antique dédié à Esculape, dieu de la Médecine, elle fut rénovée par le pape Pascal II en 1113 pour accueillir les reliques de saint Barthélémy, rapportées d’Arménie. Sa façade baroque date de 1624.
Les reliques de saint Barthélémy, un des douze apôtres, se trouvent sous le maître-autel, dans une ancienne baignoire romaine en porphyre.
Un musée mémorial a été créé dans la crypte. Il est consacré aux martyrs chrétiens des XX° et XXI° siècles (outils de saint Charles de Foucault, bréviaire du père Jacques Hamel…).
Commentaire spirituel
Confiée en 1993 à la communauté Sant’ Egidio et consacrée en 2000 par le pape Jean-Paul II à la mémoire des nouveaux martyrs de notre temps, la basilique Saint-Barthélémy, outre les reliques de l’apôtre « premier illuminateur du pays d’Arménie », conserve des reliques et souvenirs liés à des martyrs chrétiens récents issus de différentes régions du monde, reflétant leur sacrifice dans des contextes de persécutions religieuses :
- une truelle ayant appartenu à saint Charles de Foucauld,
- une lettre du pasteur Paul Schneider, torturé et assassiné, en Allemagne en 1939,
- une lettre du bienheureux Franz Jägerstätter, laïc autrichien, guillotiné en Allemagne en 1943,
- une croix distribuée clandestinement en Albanie après l’interdiction dans ce pays en 1967 de toute expression du culte,
- le missel de saint Oscar Romero, évêque assassiné dans sa cathédrale pendant la messe, au Salvador en 1980,
- une étole du père André Jarlan, prêtre français, assassiné par la police au Chili en 1984,
- un rosaire et un prêche du père Alexandre Men, prêtre orthodoxe, assassiné en Russie en 1990,
- une lettre du frère Christian de Chergé (moine de Thibhirine), moine trappiste du monastère Notre-Dame de l’Atlas, assassiné en Algérie en 1996,
- le calice, la patène et l’étole du père Andrea Santoro, prêtre italien assassiné dans son église en Turquie en 2006.
- le bréviaire du père Hamel.
» Le martyre et la vocation au martyre ne sont pas le résultat d’un effort humain mais la réponse à une initiative et à un appel de Dieu. Ils sont un don de Sa grâce qui rend une personne capable d’offrir sa propre vie par amour pour le Christ et pour l’Église, et ainsi pour le monde…
Le martyr est une personne souverainement libre, libre à l’égard du pouvoir, du monde ; une personne libre qui, dans un acte unique et définitif, donne toute sa vie à Dieu et qui, dans un acte suprême de foi, d’espérance et de charité, s’abandonne dans les mains de son créateur et rédempteur. » Benoît XVI, audience générale, 11 août 2010