Le Sanctuaire de la Consolata (Santuario della Consolata ou Basilica di Santa Maria della Consolazione) se situe au cœur du Quadrilatère Romain, à proximité des anciennes portes palatines. Il s’agit de l’un des lieux de culte les plus anciens et les plus vénérés de la ville.
Histoire
Son histoire remonte au Ve siècle, avec une modeste chapelle construite près des murs romains et dédiée initialement à saint André. Une icône byzantine de la Vierge Marie y fut apportée d’Orient. Dès le XIIe siècle, le sanctuaire gagne en renommée grâce à des miracles attribués à la Vierge, notamment la guérison d’un aveugle. Au fil des siècles, il passe d’église paroissiale à sanctuaire marial. Les transformations majeures interviennent au XVIIe siècle : en 1678, Guarino Guarini (sur commande de Madama Reale) reconstruit l’édifice en créant un hall elliptique et une chapelle hexagonale pour abriter l’icône. Filippo Juvarra ajoute, entre 1729 et 1740, le presbytère ovale. La façade néo-classique date de 1860, avec des ajouts ultérieurs par Carlo Ceppi (1899-1904). Depuis 1901, le sanctuaire est confié aux Missionnaires de la Consolata, congrégation fondée par le bienheureux Giuseppe Allamano. Il est élevé au rang de basilique mineure en 1906.
Architecture
Son architecture est un remarquable exemple d’éclectisme baroque piémontais. L’intérieur combine un plan elliptique (Guarini) et un presbytère ovale (Juvarra), créant un espace fluide et lumineux centré sur l’icône de la Vierge. Les coupoles superposées, les marbres polychromes, les sculptures et les fresques baroques produisent un effet théâtral et mystique typique du génie de Guarini. Le campanile roman (vestige médiéval) contraste avec les ajouts plus tardifs. Une statue de la Vierge à l’Enfant sur colonne se dresse à l’extérieur. L’ensemble, enrichi au fil du temps, forme un joyau architectural qui mêle influences romanes, baroques et néo-classiques.
Vocation
Sa vocation est avant tout mariale et populaire. La Consolata (« la Consolatrice ») est la protectrice et la consolatrice des Turinois, particulièrement invoquée dans les moments de peine, de maladie ou de danger. Le sanctuaire attire chaque jour de nombreux fidèles pour la prière, les messes et les confessions. Une grande procession annuelle en l’honneur de la Vierge a lieu traditionnellement le 20 juin. Il sert également de centre spirituel pour les Missionnaires de la Consolata, qui rayonnent dans le monde entier pour l’évangélisation et les œuvres caritatives. C’est un lieu de pèlerinage et de dévotion profonde, considéré comme le cœur spirituel de Turin.
Liens avec les saints sociaux
Le sanctuaire entretient des liens étroits avec les saints sociaux de Turin. Il abrite les tombes de saint Giuseppe Cafasso (maître spirituel de Don Bosco, surnommé « le prêtre de la potence » pour son accompagnement des condamnés à mort) et de saint Leonardo Murialdo. Le bienheureux Giuseppe Allamano, fondateur des Missionnaires de la Consolata et recteur du sanctuaire, y est également enterré. Le bienheureux Pier Giorgio Frassati y venait régulièrement prier la Vierge et y retrouvait ses compagnons de la Société Saint-Vincent-de-Paul avant d’aller aider les pauvres du quartier ou de se rendre au Cottolengo. Ainsi, la Consolata constitue un point de référence spirituel commun aux grandes figures de la charité turinoise du XIXe et du début du XXe siècle (Don Bosco, Cottolengo, Cafasso, Murialdo, Frassati), incarnant l’alliance entre foi mariale profonde et engagement concret auprès des plus démunis.
Aujourd’hui, le Sanctuaire de la Consolata reste un lieu vivant de prière, de pèlerinage et de mission, ouvert quotidiennement aux visiteurs et aux fidèles.