Commentaire culturel
Remontant au Ve siècle après J.C., Saint-Etienne-le-Rond est la plus ancienne église circulaire de Rome. Une majestueuse entrée s’offre aux visiteurs, précédée d’un portique élégant soutenu par d’antiques colonnes de granit, ornées de chapiteaux corinthiens. À l’origine, cet édifice se composait d’un espace circulaire délimité par deux ambulacres concentriques, formant une croix grecque aux extrémités desquelles se dressaient quatre chapelles.
Au XIIe siècle, le pape Innocent II apporta des modifications à la structure, ajoutant un portique d’entrée et trois imposantes arches transversales à l’intérieur, soutenues par de hautes colonnes de granit. Ces ajouts étaient nécessaires pour soutenir le toit précaire de l’église.
Par la suite, en 1453, le pape Nicolas V entreprit une rénovation de l’église, réduisant ainsi son diamètre. Au-dessus du mur d’enceinte, se trouve un trésor artistique appelé le « Martirologio », composé de 34 peintures murales réalisées par des artistes tels que Cristoforo Roncalli, également connu sous le nom de Pomarancio, et Antonio Tempesta, accompagnés d’autres artistes mineurs.
À l’intérieur, on découvre la Chapelle des Saints Primo et Feliciano, ornée d’une mosaïque byzantine du VIIe siècle représentant le Christ sur une croix richement décorée, mais non crucifié, et entouré des saints Primo et Feliciano selon la conception iconographique.
Lors des travaux de restauration entrepris au milieu des années 90, une découverte fascinante fut faite : les vestiges des Castra Peregrinorum, la caserne des troupes provinciales détachées à Rome. Sur ces fondations, une basilique et un mithraeum datant du IIe-IIIe siècle après J.C. furent érigés, conservant une partie de leur riche décoration avec de fausses incrustations de marbre.
Commentaire spirituel
Le titre cardinalice de Saint-Étienne-le-Rond est cité durant le synode romain du 1er mars 499 et lors de tous ceux qui suivirent. Les scènes de martyre disposée le long des murs intérieurs de l’église sont tirés des annales de l’Église primitive. De la crucifixion du Christ aux massacre des innocents, ces fresques font traverser l’histoire mouvementée des débuts de la christianité. Elle fut confiée aux Jésuites hongrois qui s’en servait aussi pour s’éduquer aux dangers qu’ils pourraient rencontrer à l’étranger lors de leurs missions d’évangelisation.
Etienne fut le premier martyr chrétien, et c’est à la suite de sa mort par lapidation sous les murailles de Jérusalem que s’est déclenchée la première persécution qui devait être suivie de beaucoup d’autres, ainsi que Jésus l’avait prédit dans l’Évangile. Tout ce que nous savons de sa vie et de sa mort nous est rapporté dans un récit des Actes des Apôtres.
Références
Actes des Apôtres (Actes, 6, 1-6 ; 8-15 et Actes 7, 1-3 ; 51-60)