Commentaire culturel
La basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem est l’une des sept églises de Rome faisant partie du chemin de pèlerinage traditionnel rendu célèbre par saint Phillipe Néri. Elle a été construite à partir du 4ème siècle près du Palais du Sessorium, la résidence de Sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin. La basilique n’a pas été construite pour honorer la mémoire des martyrs, comme le voulait la tradition, mais exclusivement pour conserver une partie de la Croix de Jésus.
Elle a donc été conçue dès l’origine comme un grand reliquaire, destiné à abriter de précieux témoignages de la passion de Jésus. La basilique est appelée « à Jérusalem » en raison de la présence de terre consacrée du mont Calvaire qui était placée à la base des fondations, terre transportée sur des navires avec les reliques de la Croix. Pour cette raison, l’église s’appelait, depuis le Moyen Âge, simplement « Hierusalem », et, en raison de la dévotion populaire, visiter cette basilique signifiait mettre le pied dans la ville sainte de Jérusalem elle-même.
Commentaire spirituel
Sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, revint en 329 d’un pèlerinage à Jérusalem avec un morceau de la vraie Croix que, selon la légende, elle aurait elle-même retrouvée. Elle abrita la relique dans la chapelle de son palais.
C’est plus tard, au VII° siècle, que fut introduit à Rome le culte de la Croix.
Au XVIII° siècle, le terrain du quartier est remodelé (aplani) pour relier les églises Sainte-Croix-de-Jérusalem et Saint-Jean-de-Latran. Les travaux entrepris au XVI° par Sixte V sont ainsi achevés et une catéchèse peut se lire dans l’espace urbain : Sainte-Marie-Majeure rappelle la naissance du Christ fait homme, Sainte-Croix-de-Jérusalem rapporte sa Passion et sa mort et le Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran) évoque la Résurrection, dans un triangle symbolique qui raconte la vie du Christ.
L’église Sainte-Croix-de-Jérusalem, qui garde les reliques de la Passion, est une basilique mineure. C’est aussi une des sept églises du pèlerinage de Rome formalisé au XVI° siècle par saint Philippe Néri (avec les quatre basiliques majeures ainsi que les basiliques mineures Saint-Laurent-hors-les-Murs, tombe des saints Etienne et Laurent, et Saint-Sébastien-hors-les-Murs, au-dessus des catacombes).
A côté des quatre basiliques majeures de Rome (Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome et du monde, Saint-Pierre du Vatican, tombeau de saint Pierre, Saint-Paul-hors-les-Murs, tombeau de saint Paul, et Sainte-Marie-Majeure, dédiée à la Vierge), qui ont chacune une Porte sainte solennellement ouverte et fermée au début et à la fin de chaque Année sainte, l’Église catholique romaine distingue dans le monde entier de nombreuses basiliques dites mineures, rassemblant en nombre les pèlerins autour du Christ, de la Vierge ou encore des reliques d’un saint particulièrement vénéré, ou remarquables par leur antiquité, leur réputation, leur taille ou leur beauté. Leur titre honorifique octroyé par le pape leur donne la préséance sur toutes les autres églises, à l’exception de la cathédrale de leur diocèse.