Les Scavi di Stabia (fouilles de Stabiae) constituent un site archéologique fascinant faisant partie du Parc archéologique de Pompéi. Ils révèlent les vestiges d’une ancienne ville romaine ensevelie lors de l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C.
Le site se situe à quelques kilomètres de Pompéi, dans la baie de Naples.
Histoire
Stabiae existait déjà à l’époque archaïque (VIIIe siècle av. J.-C.) en tant que centre stratégique et commercial. Détruite par Sylla en 89 av. J.-C., la ville renaît comme lieu de villégiature luxueux entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C. De nombreuses villas résidentielles y sont construites sur les pentes du plateau de Varano pour profiter de vues panoramiques exceptionnelles sur le golfe de Naples.
La ville est ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. Les premières fouilles débutent en 1749 sous Charles III de Bourbon, dirigées par des ingénieurs comme Rocco de Alcubierre et Karl Weber. Elles se concentrent sur les villas, avec des méthodes de tunnels souvent suivies de remblaiement. Les fouilles modernes reprennent dans les années 1950-1960, révélant mieux le site.
Le site
Contrairement à Pompéi (ville urbaine dense), Stabiae met en valeur de grandes villas résidentielles de luxe avec appartements décorés de fresques, thermes, portiques et nymphaea. Les principales villas visitables sont :
- Villa San Marco (environ 11 000 m²) : l’une des plus grandes villas résidentielles romaines, avec un vaste jardin, un atrium tétrastyle et une vue imprenable. Elle doit son nom à une chapelle médiévale dédiée à Saint Marc.
- Villa Arianna : la plus ancienne, nommée d’après une fresque mythologique (Ariane). Elle comporte de riches décorations et fut largement explorée au XVIIIe siècle.
- Second Complex : une villa plus petite séparée par une ruelle, avec un péristyle et des pièces élégantes.
Le site offre une atmosphère plus paisible et panoramique que les fouilles voisines, idéal pour découvrir le mode de vie aristocratique romain.
Visite
Les villas de Stabiae (Villa Arianna et Villa San Marco) sont fermées le mardi.
- Période estivale (16 mars au 14 octobre environ) : ouverture à 9h00, dernier accès à 18h00, fermeture à 19h00.
- Période hivernale (15 octobre au 15 mars environ) : ouverture à 9h00, dernier accès à 16h00, fermeture à 17h00.
Le site est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre (sauf ouvertures exceptionnelles). Vérifiez toujours sur le site officiel pour les mises à jour. L’entrée est actuellement gratuite pour ces villas (dans le cadre du billet combiné ou spécifique).
Site internet officiel
- https://pompeiisites.org (version française et anglaise disponible). Vous y trouverez billets, plans, actualités et informations détaillées sur les villas.
Les Scavi di Stabia valent vraiment le détour pour leur tranquillité, leurs vues magnifiques et leur témoignage unique sur l’art de vivre romain. Idéal à combiner avec une visite de Pompéi ou du Musée archéologique de Stabiae à la Reggia di Quisisana ! N’oubliez pas chapeau, eau et chaussures confortables.
La vie dans les villas romaines : luxe, loisirs et réalité rurale
Les villas romaines (villae) étaient bien plus que de simples demeures : elles incarnaient l’idéal romain d’otium (loisirs) équilibré avec la productivité, le statut social et l’harmonie avec la nature. Disséminées dans les campagnes italiennes, sur les côtes et près des villes comme Pompéi, ces domaines révèlent comment l’élite (et parfois les fermiers aisés) vivaient, travaillaient, recevaient et échappaient à l’agitation de l’negotium (affaires) urbain.
Types de villas romaines
Les Romains distinguaient plusieurs catégories :
- Villa urbana (ou suburbana) : Résidences de luxe près des villes ou en bord de mer (ex. : Villa Arianna à Stabies). Axées sur le confort, les vues et les loisirs.
- Villa rustica : Fermes agricoles productives (ex. : Villa Regina à Boscoreale). Centrées sur la production de vin, d’huile et de cultures, avec des quartiers d’habitation plus simples.
- De nombreuses villas combinaient les deux (pars urbana pour la résidence du propriétaire + pars rustica pour l’agriculture et les esclaves).
Les villas s’adaptaient au terrain : celles en bord de mer disposaient de terrasses et de ports privés ; celles sur les collines comportaient des rampes et des vues panoramiques.
Architecture et agencement
Une villa typique s’organisait autour d’espaces ouverts pour la lumière, l’air et la vie sociale :
- Atrium : Cour centrale avec impluvium (bassin pour recueillir l’eau de pluie).
- Péristyle : Jardin entouré de colonnes, souvent agrémenté de fontaines, statues et plantes.
- Pièces principales : Triclinium (salle à manger pour banquets allongés), cubicula (chambres à coucher), tablinum (bureau), cuisines, thermes et bibliothèques.
- Les plus grandes possédaient des gymnases, piscines, terrasses et même des théâtres privés.
Les plans ont évolué des simples maisons italiques aux designs hellénisés avec péristyles d’inspiration grecque.
Décoration intérieure et vie quotidienne
Les intérieurs affichaient la richesse à travers l’art et le confort :
- Fresques : Murs peints selon les Quatre Styles pompéiens — des illusions architecturales (2e style) aux scènes mythologiques élaborées et paysages (3e et 4e styles). Couleurs vives (rouges, jaunes, noirs).
- Mosaïques : Sols aux motifs géométriques ou scènes complexes.
- Mobilier : Lits de banquet (lecti) en bois ou bronze avec coussins, tables, lampes en bronze et bassins en marbre. Les cuisines disposaient de foyers en maçonnerie.
- Rythme quotidien : Matinées pour les affaires et la réception des clients (salutatio), après-midi pour les loisirs (lecture, bains, exercice), soirées pour dîners fastueux avec divertissements. Les esclaves s’occupaient de la cuisine, du ménage et des travaux agricoles.
Les jardins fournissaient des produits frais, des fleurs et des promenades sereines. Les jeux d’eau (alimentés par aqueducs) et les vues sur la mer ou le Vésuve renforçaient la sensation de rus in urbe (la campagne en ville).
Rôle social et économique
Les villas étaient des centres de production agricole (vin, huile d’olive) qui généraient des richesses, tout en servant de symboles de prestige. Des propriétaires comme Pline le Jeune décrivaient leurs villas avec passion — idéales pour les disputes intellectuelles, recevoir des amis et exposer des œuvres d’art. L’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. a préservé des instantanés vivants de cette vie dans des sites comme Boscoreale, Stabies et Pompéi.
De la modeste ferme de la Villa Regina (avec sa cave à vin et ses dolia) à l’opulente Villa Arianna et ses fresques mythologiques, les villas romaines alliaient praticité et plaisir raffiné.