Commentaire culturel
A Jérusalem, la tradition situe la Cène (du latin cena, le repas du soir, et dans le vocabulaire chrétien le dernier repas du Christ avant Sa Passion, qui institue l’Eucharistie) au Cénacle, dans la maison où se réunissaient Jésus et les apôtres. Au Moyen Age, les artistes florentins se sont appropriés cette tradition et ont créé de grandioses décors représentant la Cène, dans des réfectoires monastiques qui prirent ainsi le nom de « cénacle » (cenacolo). La représentation de la Cène, bien adaptée à la fonction du lieu, offrait ainsi aux moines une méditation pendant leurs repas.
A Florence, cinq cénacles sont particulièrement connus, célèbres par la renommée de leur auteur et la qualité de la peinture (fresque) : le cénacle de la Sainte-Croix (cenacolo di Santa Croce), le cénacle de Sainte-Apolline (cenacolo di sant’Apollonia), le cénacle de Foligno (cenacolo di Fuligno), le cénacle de Tous-les-Saints (cenacolo di Ognissanti) et, un peu à l’écart, le cénacle de Saint Saulve (cenacolo di San Salvi).
Le cénacle de Sainte-Apolline occupe l’ancien réfectoire du couvent fondé en 1339 pour les moniales camaldules. Le mur Ouest est couvert d’une peinture a fresco représentant dans la moitié inférieure la Cène, surmontée dans la moitié supérieure de la Crucifixion avec la Mise au tombeau et la Résurrection, chef d’œuvre d’Andrea del Castagno qui la réalisa vers 1445-1450.
L’ancien couvent est aujourd’hui un musée et d’autres œuvres remarquables sont offertes à l’admiration du visiteur (peintures de Domenico Veneziano, d’Andrea del Castagno, d’Alesso Baldovinetti et Piero della Francisca).