Histoire
Le Château Sforza, ou Castello Sforzesco, est une imposante forteresse médiévale située au centre de Milan, dominant la Piazza Castello. Construit initialement entre 1358 et 1370 par Galeazzo II Visconti sur les vestiges d’une fortification du XIVe siècle, il a été agrandi par ses successeurs Visconti avant d’être détruit en 1447 par la République Ambrosienne dorée. Reconstruit à partir de 1450 par Francesco Sforza comme résidence princière, il adopte un plan quadrangulaire avec des côtés de 200 m, quatre tours et des murs épais jusqu’à 7 m, évoluant vers un style Renaissance sous l’influence d’architectes comme Filarete, qui conçoit la tour centrale en 1452, et Benedetto Ferrini. L’architecture défensive inclut des tours carrées au nord, des tours rondes au sud pour mieux résister aux armes à feu, des cours intérieures comme la Corte Ducale avec ses loggias, et des éléments comme la Rocchetta, un réduit défensif. Au fil des siècles, il subit des modifications sous les dominations espagnole (forme en étoile hexagonale avec 12 bastions), autrichienne et napoléonienne, avant une restauration majeure par Luca Beltrami entre 1891 et 1905, qui reconstitue la Torre del Filarete, et des dommages lors des bombardements de 1943 suivis d’une reconstruction post-guerre.
Il Moro et Léonard de Vinci
Sous Ludovico Sforza, dit il Moro, qui devient seigneur de Milan en 1494, le château atteint son apogée culturel et artistique. Ludovico, mécène éclairé, invite de nombreux artistes pour décorer l’édifice, transformant la forteresse en une résidence somptueuse. Parmi eux, Léonard de Vinci, qu’il emploie d’abord comme ingénieur militaire et civil avant de lui confier des travaux artistiques. Vinci conçoit des projets d’ingénierie pour les fortifications, comme des tunnels souterrains récemment identifiés en 2025 d’après ses croquis, et réalise des fresques dans plusieurs salles en collaboration avec Bernardino Zenale et Bernardino Butinone. Notamment, vers 1498, il décore le plafond de la Sala delle Asse avec des motifs végétaux entrelacés de cordes dorées formant une pergola illusoire, symbolisant la puissance des Sforza, et peint des fresques dans la Sala del Tesoro et la Sala della Balla illustrant les exploits de Francesco Sforza. Ces contributions soulignent la relation privilégiée entre Ludovico et Vinci, ce dernier contribuant à l’humanisme renaissant du château avant la chute de Ludovico en 1499.
Les musées du Château Sforza
Aujourd’hui, le Château Sforza abrite une série de musées civiques regroupés sous les Musées du Castello Sforzesco, offrant un panorama de l’art et de l’histoire milanaise. Parmi eux, la Pinacothèque expose des œuvres de maîtres comme Andrea Mantegna, Canaletto ou Titien ; le Musée d’Art Ancien présente des armures, tapisseries et monuments funéraires ; le Musée des Instruments Musicaux une collection unique d’instruments ; le Musée Égyptien des artefacts antiques ; et d’autres comme le Musée Préhistorique, la Collection d’Arts Appliqués ou le Musée du Mobilier et des Sculptures en Bois. Une attention particulière mérite le Musée de la Pietà Rondanini, dédié à la dernière œuvre inachevée de Michel-Ange, la Pietà Rondanini (1552-1564), une sculpture poignante représentant la Vierge soutenant le corps du Christ, travaillée jusqu’aux derniers jours de l’artiste et acquise par la ville en 1952, symbolisant sa quête spirituelle tardive. Par ailleurs, des salles comme la Sala delle Asse, avec ses fresques de Léonard de Vinci, ont fait l’objet de restaurations récentes (depuis 2013), révélant de nouveaux fragments et détails, tandis que des découvertes en 2025 ont mis au jour des tunnels souterrains esquissés par Vinci, enrichissant l’héritage léonardien du château.