Histoire
Le Museo di Santa Giulia, souvent appelé le « musée de la ville », est installé dans un complexe monastique d’origine lombarde fondé en 753 par le roi Desiderius, dernier souverain lombard, sous le nom de San Salvatore. Ce monastère, dédié à Saint Sauveur et abritant les reliques de sainte Julie (Santa Giulia), symbolisait le pouvoir dynastique lombard et servait de mausolée royal. Le site, construit sur des vestiges romains (dont une domus du Ier-IVe siècle), inclut des structures lombardes primitives (568-650) et une église antérieure. Au fil des siècles, le complexe s’est enrichi : la tour-clocher date d’environ 1300, des chapelles septentrionales du XIVe siècle, et le Chœur des Nonnes (Coro delle Monache) a été ajouté en 1466, remplaçant la façade originale. Dirigé par des nonnes bénédictines, il a servi de propriété royale sous les Lombards et incluait un verger conventuel (ortaglia). Depuis le 25 juin 2011, le complexe San Salvatore-Santa Giulia et le parc archéologique romain de Brescia font partie du site UNESCO « Les Lombards en Italie : les lieux du pouvoir (568-774) ». Le musée, ouvert au public, offre un parcours chronologique à travers 14 000 m², couvrant l’histoire de Brescia de la préhistoire au XVIIIe siècle. En juin 2023, le Corridor UNESCO a été inauguré, reliant le Capitolium au musée sur un kilomètre pédestre couvrant 2 500 ans d’histoire.
Collections
Les collections du Museo di Santa Giulia comptent environ 12 000 œuvres, organisées chronologiquement et thématiquement, retraçant l’histoire de Brescia et de ses environs du IVe millénaire av. J.-C. au XVIIIe siècle. Elles incluent des artefacts archéologiques, des objets d’art sacré, des sculptures, des fresques et des pièces de collectionneurs brescians. Parmi les sections notables : l’aire archéologique avec des maisons romaines (Ier-IIIe siècle), les Domus dell’Ortaglia (quartier résidentiel romain du Ier-IVe siècle avec mosaïques, fresques et systèmes hydrauliques), et le Viridarium (jardin romain recréé avec des installations d’art contemporain comme le « Troisième Paradis » de Michelangelo Pistoletto (2015), « Untitled » d’Ariel Schlesinger (2019), « Formiamo umanità (Vite operose) » de Valerio Rocco Orlando (2023) et « Mondo d’acciaio » d’Emilio Isgrò (2023)). La section romaine expose des objets votifs du Capitolium (bijoux, verres gravés, amphores, céramiques), des dépôts de bronzes, des inscriptions, des autels et des monuments funéraires. Les œuvres médiévales et renaissantes sont mises en valeur dans la Basilique San Salvatore, le Chœur des Nonnes et l’Oratoire Santa Maria in Solario.
Parmi les œuvres majeures : la Croix de Desiderius (IXe siècle, orfèvrerie carolingienne ornée de 212 gemmes, camées et pâtes de verre du Ier au XVIe siècle) ; la Lipsanothèque (coffret-reliquaire en ivoire du IVe siècle avec reliefs sculptés) ; la plaque au paon (sculpture raffinée mêlant influences byzantines, naturalisme antique et thèmes lombards) ; des portraits en bronze antiques et des diptyques en ivoire (comme le Diptyque de Boèce) ; le mausolée Martinengo (chef-d’œuvre de la Renaissance lombarde) ; des mosaïques comme l’Amazonomachie et le sol en mosaïque de la domus de via S. Rocchino ; des fresques dans la Basilique San Salvatore par Paolo da Caylina le Jeune et Romanino (vers 1525, épisodes de la vie de saint Obitius), dans le Chœur des Nonnes par Floriano Ferramola et Paolo da Caylina (thèmes de salut, enfance et passion du Christ), dans l’Oratoire Santa Maria in Solario par Floriano Ferramola (voûte étoilée, 1513-1524), et dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste (cycle du XIVe siècle attribué au Maître de Lentate, scènes de la vie du Baptiste).